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Crédit Agricole / IKB / IKB Deutsche Industriebank / Olivier Gavalda
Le Crédit Agricole s’offre un raccourci vers le Mittelstand / La banque verte rachète IKB à Lone Star
Le Crédit Agricole n’a pas tardé à passer de la parole aux actes dans sa stratégie d’accélération outre-Rhin. Le 8 octobre à Francfort, le groupe présentait ses ambitions allemandes : le lancement de Crédit Agricole Deutschland pour les particuliers, mais aussi un plan de conquête du Mittelstand, ce tissu d’entreprises de taille intermédiaire (ETI), souvent familiales et tournées vers l’export, qui structure l’économie du pays. Quatre jours à peine plus tard, la banque verte a signé avec Lone Star Funds un accord en vue de racheter 100 % d’IKB Deutsche Industriebank, l’un des premiers partenaires financiers de ces entreprises. Interrogé sur d’éventuelles acquisitions, Olivier Gavalda, directeur général de Crédit Agricole S.A., avait pris soin vendredi de laisser la porte ouverte à cette possibilité, sans vouloir commenter « tel ou tel dossier ». Dont acte. L’opération doit permettre au groupe « d’atteindre immédiatement une taille significative » sur le marché allemand des ETI.
Fondée en 1924 à Düsseldorf, IKB emploie environ 600 personnes réparties dans six implantations, de Berlin à Munich. Fin 2025, elle affichait un bilan de 14,3 milliards d’euros et un encours de crédits de 8,2 milliards d’euros, dont 4,4 milliards refinancés par des prêts issus de programmes publics de la KfW et d’autres institutions de développement. Elle a accordé 2,8 milliards d’euros de nouveaux financements en 2025, en hausse de 27 %, et dégagé un résultat net de 61 millions d’euros. Fragilisée dès 2007 par la crise des subprimes, IKB avait été reprise par Lone Star l’année suivante.
Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. Conseillé par Lazard, avec Corso Bavagnoli à Paris et Marcus Schenck en Allemagne, le Crédit Agricole autofinancera cette acquisition, dont l’impact sur son ratio de solvabilité CET1 est estimé à environ 20 points de base lors de sa réalisation.
Bien plus qu’un portefeuille de crédits
Au-delà des encours de crédits, le Crédit Agricole met surtout la main sur une clientèle établie, des équipes dotées d’une expertise sectorielle approfondie et des relations commerciales nouées au fil des décennies. À ces atouts s’ajoute une expertise particulière dans les financements publics. IKB est un acteur de référence dans ce domaine, notamment grâce à ses liens étroits avec la banque publique allemande KfW et d’autres institutions de développement, dont les programmes contribuent au financement des investissements durables et de la transition énergétique. Les financements durables ont ainsi représenté environ 32 % des nouveaux crédits accordés par IKB en 2025.
Le Crédit Agricole entend s’appuyer sur cette clientèle pour élargir les services qui lui sont proposés. Les entreprises suivies par IKB auront ainsi accès aux expertises du groupe en matière de financement du commerce international, de crédit-bail, d’affacturage, de banque privée, de gestion d’actifs et d’assurance. Une ETI allemande souhaitant se développer à l’étranger pourra notamment bénéficier du réseau international du groupe français. « Ensemble, nous disposerons de la taille, du réseau et de la capacité financière nécessaires pour accompagner les entreprises allemandes dans leurs projets d’investissement, de développement international et de transition énergétique », affirme Olivier Gavalda. De son côté, Michael Wiedmann, directeur général d’IKB, insiste sur la continuité, promettant de préserver « tout ce qui a fait d’IKB le partenaire de confiance du Mittelstand allemand depuis plus d’un siècle ».
Une troisième jambe européenne
L’ambition dépasse les frontières allemandes. Le groupe veut bâtir une franchise paneuropéenne dédiée aux PME et aux ETI, en s’appuyant sur ses positions en France, où il est le premier financeur de l’économie, et en Italie, où Crédit Agricole Italia et Crédit Agricole CIB ont déjà développé une plateforme bancaire destinée à cette clientèle. Avec IKB, il entend déployer une offre intégrée à l’échelle des trois premières économies européennes, en mobilisant également son expertise en Pologne et en Ukraine. Cette ambition s’inscrit dans une offensive plus large en Allemagne, où le groupe entend doubler sa clientèle pour atteindre deux millions de clients d’ici fin 2028, tous métiers confondus. La finalisation du rachat d’IKB, soumise à l’approbation de la BCE, au contrôle des concentrations et aux dispositions du règlement européen sur les subventions étrangères, est attendue d’ici la fin du deuxième trimestre 2027.
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