Sur les marchés
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Financement par le marché à Paris : à quel point les entreprises y ont recours ? / Une analyse des tendances de long terme
Le marché parisien est-il un passage fréquemment emprunté par les entreprises qui souhaitent se financer ? Alors que les besoins de financement de l’économie européenne sont plus que jamais mis en lumière, tout particulièrement sur les terrains des transitions écologique, numérique et de la défense, le développement des marchés de capitaux apparaît sans conteste comme un sujet de première importance. Ceci, tant pour la compétitivité du continent que pour le renforcement de son autonomie stratégique. C’est dans ce contexte que l’Autorité des marchés financiers (AMF) a récemment publié une étude sur le financement par le marché à Paris, au fil de la période s’étalant de 2007 à 2025. Elle se divise en plusieurs volets : l’évolution de la structure de la cote parisienne, ainsi que l’appel que font les entreprises au marché pour se financer. Une manière d’observer les tendances de long terme en la matière et d’apporter des éclairages en comparaison avec d’autres places financières.
Le financement par actions
Sur le plan du financement, le rapport vient tout d’abord décortiquer les émissions d’actions à Paris. Sur longue période, celles d’entreprises déjà cotées sur la Place ont rencontré des fluctuations relativement soutenues. Des pics ont été atteints au moment des grandes crises financières, plus particulièrement celle de 2008, qui a entraîné la recapitalisation de grandes institutions financières. Ainsi, sur la période 2007-2025, le poids de l’Hexagone dans les émissions européennes a varié entre un minimum de 2 %, en 2011, et un pic de 20 % en 2016. « En moyenne, sur l’ensemble de la période, les émissions d’actions en France ont représenté 10 % des capitaux levés au niveau européen », détaille le rapport.
Entre 2007 et 2023, les émissions ont concerné quelque 550 émetteurs, issus de tous les segments de marché. « On notera en particulier un recours important au marché sur Euronext Growth : la moitié des entreprises cotées fin 2023 y ont eu recours depuis 2007 au moins une fois sur la période d’étude, la plupart de manière récurrente (deux fois ou plus) », ajoute l’étude de l’AMF. Les levées de capitaux ont, par ailleurs, été le plus souvent motivées par un renforcement des fonds propres au cours des dernières années, ainsi que par le désendettement des entreprises.
Les titres hybrides moins répandus
Les émissions de titres hybrides (obligations convertibles) ne sont, de leur côté, pas monnaie courante. Elles représentent une pratique moins répandue, observe le rapport, et portent sur des montants plus restreints. Une centaine d’émetteurs ont émis des obligations convertibles à Paris depuis 2007 : une dizaine en moyenne par année, pour un montant total de 47 milliards d’euros – soit une moyenne annuelle de 2,5 milliards d’euros – représentant quelque 15 % du marché européen sur l’ensemble de la période 2007-2025.
« Du fait de leur nature hybride, les obligations convertibles sont particulièrement sensibles au contexte macro-financier (niveaux d’intérêt, valorisations des actions, volatilité…). Les émetteurs d’obligations convertibles y ont généralement recours de manière ponctuelle : une seule fois sur l’ensemble de la période pour les deux tiers d’entre eux », rappelle l’étude de l’AMF. Et si toutes les sociétés par actions, qu’elles soient cotées ou non, peuvent en théorie émettre des obligations convertibles, précise le document, elles restent le pré carré des entreprises installées en Bourse. Et plus particulièrement des grands émetteurs : ceux cotés sur le compartiment A d’Euronext ont représenté plus de la moitié des entreprises concernées entre 2007 et 2023, près de 60 % des opérations et 90 % des montants levés. Les PME et ETI (cotées sur le compartiment B) restent toutefois présentes, mais dans une moindre mesure, sur ce segment de marché.
Développement inégal de l’obligataire
Les émissions d’obligations par les sociétés françaises sont, elles, apparues dynamiques sur l’ensemble de la période d’étude. « Dans un environnement macro-financier caractérisé par des niveaux de taux d’intérêt particulièrement bas, les sociétés non financières ont notamment eu davantage recours à l’endettement, dont l’endettement de marché. Cette tendance n’est du reste pas propre à la France, mais a également pu être observée dans l’ensemble des zones géographiques », explique l’étude.
Parmi les 400 émetteurs obligataires recensés sur la période observée, la moitié sont des entreprises ayant des actions cotées à Paris. Le compartiment A concentre 30 % des émetteurs obligataires. Il rassemble aussi la moitié des sociétés non financières qui émettent des obligations, tandis qu’il représente également plus des deux tiers des opérations recensées et 85 % des montants émis. S’agissant des PME et des ETI cotées sur les compartiments B et C, et sur Euronext Growth dans une certaine mesure, elles comptent pour moins d’un quart des émetteurs obligataires, 7 % des émissions et 1 % des montants émis. Ce sont de plus principalement des émetteurs faisant appel au marché de manière ponctuelle. Elles avaient pourtant accru leur recours au marché, jusqu’en 2017, avant de voir leur poids diminuer. « À cet égard, il est intéressant de noter que le compartiment C représente 10 % des émetteurs (d’obligations) cotés de l’échantillon, alors qu’il représente 20 % des entreprises non financières cotées à Paris en 2023. Ce segment de marché avait été le premier bénéficiaire de la mise en place en 2012 de deux mesures destinées à développer le marché obligataire pour les PME, à savoir les IBO (initial bond offering) et la mise en place de fonds obligataires dédiés aux PME-ETI, à l’image des fonds obligataires Micado. Par ailleurs, les entreprises cotées sur Euronext Growth ont aussi un accès très limité au marché obligataire. Enfin, les émetteurs non cotés constituent environ 20 % des émissions, et 15 % des montants levés sur l’ensemble de la période », indique l’étude.
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