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Genfit et Inventiva, deux biotechs du foie au SBF 120 / L’indice renforce encore sa coloration santé

Genfit et Inventiva se retrouvent aujourd’hui dans le même indice après avoir longtemps travaillé sur la même maladie du foie, la MASH. La première a depuis diversifié son modèle, quand la seconde reste fortement exposée au succès de son traitement en phase III.
(Photo by PHILIPPE HUGUEN / AFP)
(Photo by PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le SBF 120 se découvre un penchant pour le foie. Depuis ce lundi 21 septembre, deux biotechs françaises spécialistes des maladies hépatiques, Genfit et Inventiva, ont rejoint le deuxième grand indice de la place parisienne. Leur promotion, annoncée le 10 septembre par Euronext à l’issue de la revue annuelle des indices CAC, vaut aussi pour le CAC Mid 60, où elles ont succédé au parfumeur Interparfums et au fabricant d’emballages en verre Verallia.

Leur arrivée renforce encore la coloration santé prise par le SBF 120 ces dernières années. Aux côtés de poids lourds installés comme Sanofi, Ipsen ou bioMérieux, un petit bloc de biotechs françaises s’est progressivement constitué : Abivax, Medincell, entrée en décembre 2024, Nanobiotix, arrivée un an plus tard, puis désormais Genfit et Inventiva. En moins de deux ans, cinq sociétés issues de cet univers ont ainsi rejoint l’indice.

Les investisseurs n'ont pas pour autant salué l'événement. À la clôture lundi, Genfit affichait un recul de 6,06 %, à 10,86 euros, tandis qu’Inventiva cédait 2,17 %, à 3,16 euros. Les investisseurs ont manifestement vendu la nouvelle, connue depuis dix jours. Surtout, les deux titres n'arrivent pas avec le même élan : depuis janvier, Genfit a gagné 107 % quand Inventiva a perdu 19,3 %. Au-delà de ces parcours boursiers contrastés, les deux sociétés partagent pourtant un même creuset scientifique.

Ce creuset, c'est la MASH, une maladie évolutive du foie liée à des dysfonctionnements métaboliques. Chez certains patients, l'accumulation de graisse dans le foie s'accompagne d'une inflammation qui endommage progressivement l'organe et peut entraîner une fibrose, autrement dit la formation de tissu cicatriciel, jusqu'à évoluer dans les cas les plus avancés vers une cirrhose. Genfit comme Inventiva ont cherché à développer un traitement contre cette maladie. Mais leurs chemins ont depuis divergé.


Quitte ou double pour Inventiva


Inventiva incarne le pari thérapeutique le plus pur sur la MASH. Son parcours boursier à court terme repose largement sur le lanifibranor, un médicament oral qui a atteint la phase III, dernière grande étape des essais cliniques avant une éventuelle demande d'autorisation de mise sur le marché. Il est actuellement testé chez des patients présentant une fibrose modérée à avancée. S'il est concluant, cet essai doit servir de base aux demandes d'autorisation aux États-Unis et dans l'Union européenne. Le verdict est proche : les principaux résultats sont attendus dès le quatrième trimestre 2026.


Du traitement au diagnostic


Genfit connaît bien ce genre de rendez-vous. La biotech avait elle aussi tenté de développer une thérapie contre la NASH (stéatohépatite non alcoolique, l'ancien nom de la MASH), avant que l'échec de son essai de phase III ne provoque l'effondrement de son cours et sa sortie du SBF 120 en décembre 2020. Depuis, son élafibranor a trouvé un débouché dans une autre maladie du foie, la cholangite biliaire primitive, sur un marché toutefois bien plus étroit que celui de la MASH. Licencié à Ipsen, il est vendu sous la marque Iqirvo dans cette maladie chronique où les petits canaux qui évacuent la bile hors du foie sont progressivement endommagés. Genfit perçoit en contrepartie des redevances, qui ont représenté 21,8 millions d'euros sur les 65,4 millions de chiffre d'affaires de 2025, et la totalité des 9,6 millions de revenus du premier trimestre 2026. Dans la MASH, en revanche, la société est restée présente à travers le diagnostic.

La biotech développe ainsi des tests sanguins destinés à identifier les patients atteints d'une MASH dite « à risque », c'est-à-dire ceux chez qui la maladie est suffisamment avancée pour justifier une prise en charge thérapeutique. Le test NASHnext de Labcorp, qui utilise une technologie développée par Genfit, est remboursé depuis août par Medicare aux États-Unis pour les patients éligibles. Un marché auquel le groupe prête de fortes perspectives : la veille de l'annonce d'Euronext, la société mettait en avant une estimation du spécialiste des données de santé IQVIA selon laquelle les produits reposant sur cette technologie pourraient dépasser 1,5 milliard de dollars de ventes annuelles aux États-Unis en 2033.


Le flottant a ses raisons


Côté sorties, Interparfums et Verallia ont basculé dans le CAC Small. Pour Verallia, la raison tient à la forte réduction de son flottant depuis la prise de contrôle du groupe en 2025 par BWSA, la holding brésilienne de la famille Moreira Salles. Au 31 août, celle-ci détenait 77,29 % du capital, ne laissant que 12,25 % au public, ce qui pèse mécaniquement sur la capitalisation ajustée du flottant. Interparfums sort, lui, après deux années boursières difficiles : le titre avait perdu près de 11 % en 2024 puis 32 % en 2025, avant de rebondir en 2026. Cette érosion a pesé sur sa capitalisation relative dans le classement d’Euronext.

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