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Capgemini a trouvé son acheteur pour Government Solutions / ITC Federal va reprendre la filiale américaine controversée aux États-Unis
Capgemini touche au but dans sa tentative de refermer l’un des dossiers les plus embarrassants de son année. Sept mois après avoir annoncé la mise en vente de Capgemini Government Solutions, le groupe français a signé un accord définitif avec ITC Federal, un prestataire américain de services numériques spécialisé auprès des agences fédérales chargées de la sécurité intérieure et de la défense. Le montant de l’opération n’a pas été communiqué.
La décision de céder cette filiale avait été prise dans l’urgence début février, après la révélation de ses liens avec l’Immigration and Customs Enforcement, l’ICE, l’agence fédérale notamment chargée de faire appliquer la politique migratoire américaine. Capgemini Government Solutions s’était vu attribuer fin 2025 un contrat de « skip tracing », consistant à croiser différentes données afin de localiser des individus. Reuters avait alors fait état d’un contrat initial de 4,8 millions de dollars. La polémique avait rapidement dépassé les seuls États-Unis, suscitant des réactions parmi les salariés du groupe, des parlementaires français et certains investisseurs.
Pour justifier la mise en vente, Capgemini avait surtout invoqué un problème de gouvernance. « Les contraintes légales habituelles imposées aux Etats-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au Groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale », expliquait-il début février.
Éteindre la controverse
Face au risque de pénalités qu’aurait entraîné une interruption pure et simple des contrats jugés problématiques, la cession est apparue comme la solution la plus pragmatique. Elle permettait de sortir d’un dossier devenu disproportionné au regard du poids financier de l’activité, tout en préservant la valeur d’une filiale dont les analystes jugeaient le potentiel de croissance intéressant.
Moins de 2 % des revenus américains
L’enjeu financier reste de fait modeste à l’échelle du groupe. Capgemini Government Solutions représentait 0,4 % du chiffre d’affaires en 2025 et moins de 2 % des revenus américains, des proportions encore rappelées dans le communiqué de septembre. Rapporté aux 22,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés l’an dernier, cela représente environ 90 millions d’euros.
Depuis l’annonce de sa mise en vente, Capgemini est resté discret sur les performances de la filiale, dont il ne publie pas les comptes séparément. En mai, la direction indiquait encore que le processus suivait son cours. Le dossier a néanmoins rebondi début septembre lorsque l’Observatoire des multinationales a affirmé, sur la base des registres de l’administration américaine, que le contrat controversé avec l’ICE avait entre-temps commencé à être exécuté. Le média a notamment fait état d’une nouvelle commande passée fin août dans le cadre de ces prestations.
L’accord signé avec ITC Federal fait désormais entrer la cession dans sa dernière ligne droite. L’opération n’est toutefois pas encore finalisée : elle reste soumise aux conditions habituelles applicables à ce type de transaction et « devrait être finalisée dans les prochaines semaines », précise Capgemini.
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