Macro-économie / Taux / OMC / Ngozi Okonjo-Iweala / commerce
Macro-économie / Taux
OMC / Ngozi Okonjo-Iweala / commerce
L’OMC espère que le commerce mondial tiendra le coup / La coopération entre économies jouera pour beaucoup
Imaginer le pire pour se réjouir de ce que l'on a. L’exercice auquel se sont prêtées les équipes de Ngozi Okonjo-Iweala – la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) - tient quelque part de cette logique. Il faut dire que leur appréciation de la situation dans leur rapport annuel rejoint celle faite un peu plus tôt cette année, il y était alors question d’une OMC et d’une politique commerciale mondiale confrontées aux « perturbations les plus graves et durables depuis la création du système commercial multilatéral il y a 80 ans. »
Tel un serpent qui se mord la queue, les forces ayant permis à l’économie mondiale de se renforcer sont en train de complexifier la coopération. Un quatuor est pointé du doigt, parmi lesquels on retrouve aussi bien la montée des tensions géopolitiques que les effets de la numérisation sur les chaînes de valeurs et la nature des échanges commerciaux, ou bien l’importance accrue des interventions gouvernementales en particulier sur la politique industrielle ainsi que concernant l’égalité des conditions de concurrence.
Boule de neige
Sans oublier les bouleversements des rapports de force économiques s’étant produits ces dernières années. Autant d’écueils supplémentaires et pas des moindres pour la coopération mondiale. Pourtant du côté de l’OMC, on veut croire qu’un système commercial multilatéral renforcé puisse « accroître le PIB mondial d’environ 3 %, soit 3 000 milliards de dollars, d’ici 2050. » Concomitamment, les exportations grimperaient de 17,9 % au niveau planétaire – relativement au scénario central. Néanmoins, ce meilleur des mondes nécessiterait un renforcement des règles de l’OMC par différents « engagements plus larges en matière d’ouverture des marchés, de nouvelles disciplines multilatérales dans le commerce et les services numériques, un élargissement du nombre de membres et un cadre adapté qui concilie ouverture commerciale et impératifs de sécurité. » Un scénario qui ne tient pas la corde aujourd’hui.
On ne cède pas au catastrophisme pour autant du côté de Ngozi Okonjo-Iweala. Cette dernière se montre convaincue que les bénéfices du multilatéralisme sont dans toutes les têtes et elle en veut pour preuve qu’à date « environ 72 % du commerce mondial de marchandises s’effectue encore selon les conditions de la nation la plus favorisée de l’OMC, tandis que la coopération commerciale menée par l’OMC a soutenu la croissance économique, contribué à réduire les écarts de revenus entre les économies en développement et les économies avancées et favorisé la paix entre les États membres. »
Parer
Il s’agit également des choix les plus à même d’éviter le pire, qu’il s’agisse d’un « monde géofragmenté » - avec une baisse du PIB et des exportations de 5,1 % et 18,6 % respectivement en raison de flux dirigés par la géopolitique – ou d’un monde marqué par le bilatéralisme. Un tel scénario verrait un certain nombre d’accords de libre-échange apparaître, représentant une baisse du PIB de 6,9 % et des exportations de 26,9 %, à la suite de la disparation du multilatéralisme. Une façon pour l’organisation de légitimer son rôle et de mettre en exergue le coût associé à sa disparition.
Une institution fondée en 1995 qui n’entend pas rester immuable pour autant et ne se prononce pas en faveur d’un statu quo. Il lui semble possible d’adapter à la multipolarité de l’économie et ce, d’autant plus que sa directrice rappelle que le « système commercial multilatéral a déjà été réparé et renouvelé, et je suis convaincue qu’il peut l’être à nouveau. »
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