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Cyrus confie à Benoît Claveranne son changement d'échelle / Objectif : 44 milliards d'euros d'encours en cinq ans
Entre 2020 et 2025, les encours de Cyrus sont passés de 4 à plus de 20 milliards d'euros. Le groupe de gestion de patrimoine se donne désormais cinq ans pour les doubler et vient de recruter celui qui devra piloter ce changement d'échelle. Benoît Claveranne, directeur de la transformation et du développement d'ODDO BHF après douze ans chez AXA, prendra le 14 novembre la direction générale de Cyrus, quelques mois après la finalisation, en avril, de l'entrée de PAI Partners au capital comme actionnaire majoritaire. Il aura autorité sur les cinq entités du groupe, Cyrus Herez, Amplegest, Eternam, Flandrin et Mirae, ainsi que sur les fonctions centrales.
Les fondateurs Meyer Azogui et Patrick Ganansia, jusqu'ici coprésidents, deviennent respectivement président et vice-président. « Ils sont engagés sur une feuille de route, il faut quelqu'un pour la mettre en œuvre », explique à WanSquare Benoît Claveranne, qui sera le mandataire social du groupe et entend s'appuyer sur l'expérience des deux fondateurs, présents dans le secteur depuis près de quarante ans. « Je pilote avec un actionnaire et des présidents qui veillent à ce que mon action soit conforme à leur vision et à la feuille de route. »
L’organique avant le M&A
Les encours, qui dépassent aujourd'hui 22 milliards d'euros, devront donc franchir la barre des 44 milliards d'ici cinq ans. Pour atteindre cet objectif, le nouveau dirigeant compte sur trois leviers. Il mise d'abord sur la croissance organique, via le recrutement de gérants et la conquête de nouveaux clients. Viennent ensuite les partenariats, notamment avec des cabinets d'expertise comptable. La croissance externe, que l'on pourrait attendre plus haut dans les priorités d'un groupe désormais contrôlé par un fonds, n'arrive qu'en dernier. « Votre capacité à croître par vous-même, c'est, au quotidien, la preuve que votre offre est la bonne, que votre méthode est la bonne et que vous répondez aux besoins des gens », justifie Benoît Claveranne. D'autant que les cibles ont tendance à se payer au prix fort : « Les acquisitions sont très nombreuses sur ce marché, il faut être vigilant. »
Structurer sans perdre l’ADN
Avant de poursuivre les acquisitions, Cyrus doit surtout intégrer ce qu'il a déjà construit. Le groupe compte désormais 559 collaborateurs, dont 170 gérants, pour un chiffre d'affaires de 170 millions d'euros. Sa croissance des dernières années s'étant faite en bonne partie par acquisitions, il lui faut intégrer ces briques et revoir ses processus à l'heure de l'intelligence artificielle, sans renier son ADN entrepreneurial. « L'idée n'est pas de structurer Cyrus comme un grand groupe, ça ne marcherait pas », prévient le futur directeur général.
Cette intégration ne vise pas à placer davantage de produits maison. Cyrus dispose de quatre sociétés de production. Amplegest couvre la gestion d'actifs et Eternam l'immobilier. Flandrin Capital, acquise il y a quelques mois, intervient dans le private equity. Mirae, développée en interne, conçoit des produits structurés. Pourtant, 85 % des encours restent investis dans des produits extérieurs au groupe. « Pour bien conseiller vos clients, il faut aussi avoir une expertise en interne. Il faut comprendre les produits dont vous parlez, et ne pas être uniquement un intermédiaire », souligne Benoît Claveranne. Les équipes de gestion servent ainsi à nourrir le conseil et à mieux sélectionner l'offre disponible sur le marché.
De la gestion de fortune à l’Europe
Le groupe entend aussi poursuivre sa montée en gamme. Cette année, la moitié de la collecte de Cyrus provient du segment de la gestion de fortune. « Cela prouve que nous sommes un acteur pertinent pour cette catégorie de clientèle », estime Benoît Claveranne.
Reste l'international, dernier axe de la feuille de route. L'un des leaders du conseil en gestion de patrimoine en France, Cyrus entend regarder d'autres marchés européens, sans cibler de pays. Passé par la Banque mondiale et le FMI, Benoît Claveranne veut avancer avec prudence : « Il faut entrer sur des marchés dont on comprend bien tous les enjeux, sociologiques, réglementaires et liés aux modèles économiques. » Pas question, donc, de faire de l'étranger une priorité en soi : une acquisition pourra se faire en France comme ailleurs si elle permet d'accélérer la croissance, la montée en gamme ou la transformation du groupe.
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