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EDF retourne voir ses banques / Quatre milliards de prêts à court terme

En ajoutant quatre milliards d’euros de prêts bancaires à ses émissions obligataires, EDF porte à plus de dix milliards d’euros ses opérations de financement annoncées depuis janvier. Une mobilisation destinée à préserver ses marges de manœuvre face à des investissements considérables. 
Le logo d’EDF sur la façade de son siège parisien (Photo : Alain Jocard / AFP)
Le logo d’EDF sur la façade de son siège parisien (Photo : Alain Jocard / AFP)

Il y a un an, fort du succès de ses émissions obligataires, EDF annonçait le remboursement anticipé de 7,4 milliards d’euros de prêts bancaires afin d’alléger ses charges financières. Le voilà qui sollicite à nouveau ses partenaires bancaires. Vendredi, EDF a annoncé la signature de 4 milliards d’euros de prêts auprès de BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, Natixis CIB et Société Générale. Les maturités ont changé : de trois à cinq ans pour les crédits remboursés par anticipation, contre douze à dix-huit mois au maximum pour les nouveaux prêts. Les motivations affichées présentent toutefois une certaine continuité. « Cette opération permet à EDF de diminuer le coût de son endettement financier », expliquait le groupe en octobre 2025. « Cette opération permet à EDF de maintenir sa flexibilité financière tout en maîtrisant le coût de son endettement financier », indique-t-il désormais.

Le communiqué ne précise l’affectation que d’un milliard d’euros sur les quatre annoncés, sans détailler le coût des nouveaux prêts ni leurs modalités de tirage. Cette somme servira à refinancer des investissements destinés à prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires français, éligibles au cadre de financement vert du groupe et alignés sur la taxonomie européenne. EDF avait déjà mobilisé ce type de financement le 8 septembre, en plaçant 1 milliard d’euros d’obligations hybrides vertes, assorties d’un coupon de 5,25 % jusqu’en 2032 et d’une option de remboursement anticipé après 5,25 ans. Le produit de cette émission est également destiné au financement ou au refinancement des investissements dans le parc nucléaire existant. Ces titres perpétuels devraient par ailleurs être assimilés pour moitié à des fonds propres par les agences de notation.


Une mobilisation financière tous azimuts


Au premier semestre, EDF avait déjà émis plus de 5,1 milliards d’euros d’obligations, dont 2,75 milliards d’euros d’obligations vertes destinées à financer ou refinancer des investissements dans le parc existant et le chantier britannique d’Hinkley Point C. Chez EDF, les obligations vertes ne servent plus seulement à financer les énergies renouvelables : depuis 2023, elles contribuent aussi à prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires.

Au total, ces opérations représentent plus de 10 milliards d’euros de financements annoncés depuis janvier. À ceci près que ces montants ne viennent pas intégralement gonfler la dette nette, certaines opérations relevant du refinancement. EDF n’en multiplie pas moins les sources de financement, entre obligations classiques, titres hybrides et prêts bancaires de court terme.

Cette diversification accompagne un programme d’investissement particulièrement lourd. EDF a réalisé 24 milliards d'euros d'investissements nets en 2025, 1,6 milliard de plus qu’en 2024, et déjà 11,4 milliards d’euros nets au premier semestre 2026. Le groupe doit mener de front la prolongation de ses réacteurs existants dans le cadre du Grand Carénage, la construction d’Hinkley Point C au Royaume-Uni, la préparation des EPR2 français et les investissements dans les réseaux électriques. Les six futurs réacteurs français représentent à eux seuls un devis prévisionnel de 72,8 milliards d’euros aux conditions économiques de 2020. 


Un bilan solide, l’opérationnel sous pression


Malgré l’ampleur de ces investissements, l’endettement financier net est resté stable au premier semestre. Il s’élevait à 51,5 milliards d’euros au 30 juin, après avoir déjà diminué de 2,9 milliards d’euros en 2025. Le ratio d’endettement ressortait à 1,8 fois l’EBITDA, en deçà du plafond de 2,5 fois fixé pour 2027. Les trois grandes agences de notation maintiennent par ailleurs EDF dans la catégorie investissement, avec des perspectives stables : BBB+ chez S&P et Fitch, Baa1 chez Moody’s.

La rentabilité opérationnelle subit néanmoins des pressions. L’EBITDA est revenu de 15,5 à 14,1 milliards d’euros entre les premiers semestres 2025 et 2026, et EDF anticipe désormais un recul d’environ 10 % sur l’ensemble de 2026, sous l’effet de la baisse des prix de marché de l’électricité et des canicules.

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