Macro-économie / Taux / INSEE / Moody's / ing / Charlotte de Montpellier
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INSEE / Moody's / ing / Charlotte de Montpellier
Les chefs d’entreprise ont retrouvé le moral en octobre / L’incertitude économique n'a pas disparu pour autant
Une bonne surprise qui ne change pas fondamentalement la donne. Les chefs d’entreprise ont beau avoir témoigné à l’Insee être devenus un peu plus optimistes au mois de septembre - en glissement mensuel -, ceci cache à la fois une hétérogénéité sectorielle et une situation économique dégradée. L’institut statistique explique que cette hausse globale masque des disparités sectorielles, avec une nette amélioration dans l’industrie, plus modérée dans les services, tandis que le climat des affaires se dégrade dans le commerce de détail et le bâtiment.
Une situation qui demeure une bonne surprise dans le contexte actuel, commente Charlotte de Montpellier, économiste chez ING. Celle-ci l’impute essentiellement à l’amélioration des matériels de transport grâce à des carnets de commandes, notamment étrangers, de plus en plus remplis. Une évolution qui expliquerait l’amélioration de quatre points du climat des affaires dans l’industrie. Partout ailleurs, l’élan est moins fort, l’économiste expliquant que « dans les services, le rebond est limité à un point, à 99. Il reflète surtout de meilleures anticipations d’activité et de demande, ainsi qu’un redressement marqué dans les services administratifs et de soutien. »
Maillon faible
La situation est loin d’être au beau fixe ailleurs, Charlotte de Montpellier faisant valoir que « le climat se dégrade dans le commerce de détail et le bâtiment. » La temporalité de l’enquête n’annonce pas une amélioration dans l’immédiat, bien au contraire puisqu’ayant été menée entre fin septembre et début octobre, elle n’intègre pas les dernières tensions et violences urbaines en France. Un danger clairement identifié par l’économiste, puisqu’elle considère que le risque a ni plus ni moins que changé de nature et « ne porte plus seulement sur la faiblesse de l’activité et l’impact des taux en hausse, mais aussi sur les conséquences économiques, politiques et financières des tensions sociales. »
Il ne lui semble pas approprié de cantonner le coût économique des violences aux seules vitrines brisées et autres pillages. Détaillant les mécanismes à l’œuvre, elle affirme que les « montants des dégâts matériels ne constituent que la partie la plus visible de la facture. Les fermetures, la baisse de fréquentation et les ventes définitivement perdues peuvent peser bien davantage sur l’activité. » Sa crainte est également que cet épisode ne devienne une fâcheuse habitude et ne finisse par faire évoluer les habitudes des ménages et des touristes, les poussant ainsi à éviter les centres-villes ou à reporter leurs voyages.
Dégrader
Cette mauvaise image de l’Hexagone est également susceptible d’influencer les décisions des investisseurs et de leur faire reporter des investissements prévus. L’épisode du week-end dernier est également vu comme compliquant « encore davantage le vote du budget, alors même que l’exécutif ne dispose pratiquement d’aucune marge pour répondre par de nouvelles dépenses ou des baisses d’impôts. » Elle ne voit aucune marge de manœuvre, alors que la France n’a « ni l’espace budgétaire pour acheter la paix sociale, ni l’espace politique pour imposer facilement l’ajustement nécessaire. »
Son diagnostic ne change donc pas et elle confie que « sans amélioration crédible des perspectives de croissance et de déficit, la hausse de la dette et de sa charge continuera de réduire les marges de manœuvre de la France. » Les répercussions sur la notation souveraine pourraient ne pas se faire attendre, explique-t-elle, évoquant une action hors calendrier de la part de Fitch qui ne peut plus être exclue, dès lors que « l’objectif d’un déficit de 5 % en 2027 devient manifestement hors d’atteinte. » Concernant la décision de Moody’s ce soir, elle se range derrière l’avis d’un abaissement d’un cran, de Aa3 à A1 avec une perspective stable, de quoi aligner sa position avec celle de Fitch et S&P.
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