Macro-économie / Taux / Sur les marchés
Macro-économie / Taux
Sur les marchés
Coup d’envoi de la première IPO éligible au PEA-PME
Ce sera la
première introduction en Bourse à bénéficier du nouveau dispositif PEA-PME, et en
prime, elle concerne une biotech qui œuvre pour la bonne cause. Ce matin,
Oncodesign, PME spécialisée dans la découverte de molécules thérapeutiques pour
le traitement des cancers et maladies graves, a initié son IPO sur Alternext. Elle a fixé son prix d’introduction entre 6,43 et 7,34 euros par action
et pourrait lever 11,5 millions d’euros au maximum, en cas d’exercice de la
clause de surallocation. Les deux actionnaires financiers historiques, CM-CIC
Capital Innovation et bpifrance (via Avenir Entreprises), se sont engagés à
souscrire jusqu’à 1,3 millions d’euros, soit 13% du montant de l’offre.
Il s’agit d’une
nouvelle étape majeure pour cette entreprise dijonnaise, qui n’a levé que 5,5
millions d’euros en 19 ans d’existence. Oncodesign a déjà fait ses preuves sur
le terrain de l’expérimentation de molécules dans l’oncologie depuis sa
création, s’est attelé à la pharmaco-imagerie dès 2001 afin d’avoir une preuve
d’effet des molécules testées et s’est lancé depuis 2008 dans la découverte de
nouvelles molécules thérapeutiques innovantes et ciblées, via sa technologie
Nanocyclix.
Pour cela,
la biotech s’est concentrée sur les kinases, dont les dérégulations sont
responsables de plus de 400 maladies, et développe des petites molécules
chargées d’inhiber ces kinases défaillantes. C’est un marché en plein essor,
qui représente pas moins de 25% de l‘investissement en R&D des laboratoires
pharmas et devrait peser 40,2 milliards de dollars en 2016. Mais aujourd’hui, seules 20 kinases sont ciblées par les inhibiteurs
sur les 518 existantes, d’où un potentiel de développement majeur. A ce jour,
Oncodesign a déposé 16 brevets afin de protéger cette partie de son activité.
Enfin, hors-oncologie, la biotech a signé des partenariats prometteurs avec de
grands labos comme Ipsen, Sanofi et UCB, qui offrent de bons résultats mais
sont certes moins générateurs de revenus.
Conscient de
ces réalités, Oncodesign souhaite allouer près de 80% des fonds levés au
développement de nouveaux inhibiteurs de kinases en oncologie, puis les
licencier. Tout en continuant à nouer des partenariats hors oncologie, et à
pousser les feux de son activité d’expérimentation de molécules en Amérique du
Nord, où se trouve 70% du marché mondial.
Un savoir et
un savoir-faire qui pourraient intéresser les investisseurs tentés par des
valeurs biotechs, d’autant que l’indice Nextbiotech d’Euronext a le vent en
poupe, en hausse de 53% depuis le début de l’année. Oncodesign a dégagé 7,2
millions d’euros de chiffre d’affaires l’an passé, pour près d’un million de
pertes. En cas d’exercice de l’option de surallocation, le flottant sera de
25,6%, soit une valorisation de 44,9 millions d’euros, alors que CM-CIC a
estimé la valeur actuelle nette du groupe à 47 millions d’euros pré-money.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

