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exclusif Banques : la balkanisation de l'UE

EXCLUSIF. La hausse de l'endettement privé dans les pays du nord de l'Europe pousse ces derniers à faire du zèle en matière de normes bancaires. Quitte à briser le principe de "règlement uniforme".
Le "règlement uniforme" applicable à tous les établissements financiers européens n'est même pas encore en place, que les pays du Nord font déjà du zèle. Des Etats comme la Suède ou le Danemark, qui ne sont pas confrontés à un endettement public insoutenable mais à un fort taux d'endettement des ménages, veulent aller au-delà du cadre prudentiel unique qui ne les concerne pas. Ce dernier, qui contient notamment la transposition du texte de Bâle 3 (effectif à compter de janvier 2014), est censé renforcer le marché unique. C'est ainsi que le ministre des Marchés Financiers suédois, Peter Norman, a déclaré hier que les banques dites "too big to fail" du pays, qui sont déjà soumises à des règles de capital plus strictes que leurs homologues, pourraient avoir à faire des réserves supplémentaires. Leurs quatre établissements financiers les plus importants doivent déjà détenir au moins 10% de capital Tier one cette année, et pas moins de 12% en 2015. Alors que le seuil fixé par le Comité de Bâle est de 7% à horizon 2019, plus un matelas supplémentaire pour les banques systémiques. Et si les suédois surveillent leur secteur financier comme le lait sur le feu, c'est que la dette de leurs ménages tourne autour de 170% des revenus disponibles, d'après les estimations de la banque centrale. Même problème du côté du Danemark, où l'endettement des ménages atteint 310% des revenus disponibles, soit l'un des niveaux les plus élevés au monde, selon l'OCDE. D'où les propos du ministre du Commerce, Henrik Sass Larsen, qui a expliqué que les grandes banques du pays ne pouvaient attendre que les Etats du sud de l'Europe se mettent en ordre de marche pour encadrer leurs institutions systémiques. Les Pays-Bas, où l'endettement des ménages atteint les 150%, sont dans la même veine puisqu'il a été proposé la semaine dernière que les banques détiennent un ratio de levier (ratio des fonds propres d'une banque par rapport à ses engagements bruts) d'au moins 4%. C'est-à-dire plus que les 3% recommandés fin juin par le Comité de Bâle, qui propose de le rendre obligatoire à compter de janvier 2018. A ce sujet, le ministre des Finances néerlandais, Jeroen Dijsselbloem -qui est également à la tête de l'Eurogroupe- considère que si les Etats n'arrivent pas à se mettre d'accord sur un cadre commun, les gouvernements devraient avoir la possibilité d'imposer des règles plus strictes de façon unilatérale. De quoi creuser un peu plus le fossé entre les pays du Nord et du Sud, qui peinent à redonner confiance en leur secteur financier et qui comptaient sur le cadre unique européen.
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