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exclusif Les taux français remontent, c'est normal

EXCLUSIF. L'OAT à dix ans est repassé au-dessus des 2%, dans une hausse des taux initiée par les Treasuries. Les investisseurs anticipent une baisse de la liquidité, mais le coût de financement français reste faible.
Après être restés près de deux mois sous les 2%, les taux français à dix ans ont repassé hier ce seuil symbolique et s'échangeaient en fin de matinée à 2,03%. Ce qui représente une hausse assez rapide, de 28 points de base, depuis le point bas historique atteint le 2 mai dernier. La remontée du rendement de l'OAT résulte avant tout de celle des Treasuries américains, qui selon les analystes, ont tiré le reste du marché obligataire à la hausse. Ainsi le taux des obligations outre-Atlantique a également grimpé de 52 points de base entre début mai et aujourd'hui, où les titres se traitent à 2,19%. Ils sont supérieurs aux taux français depuis le 13 mai dernier. "Dans la foulée de la hausse des taux des Treasuries, le rendement du Bund s'est tendu. Or, l'écart entre l'OAT et le Bund est resté le même, de 50 points de base, et les titres français ont donc suivi l'Allemagne ", explique Cyril Regnat, analyste chez Natixis. Différents gouverneurs de la Fed ont annoncé que celle-ci pourrait réduire son programme de rachats de titres plus tôt que prévu, ce qui a entraîné cette soudaine remontée des rendements américains : "tout l'obligataire souffre aujourd'hui car les marchés pensent que la liquidité va se réduire", poursuit l'analyste. Selon le consensus, la Fed pourrait ralentir ses rachats de titres dès le troisième trimestre, alors que la plupart des investisseurs et analystes estimaient qu'elle n'agirait qu'à la fin de l'année 2013. La hausse des taux français n'est pas une mauvaise nouvelle en soi. Elle va permettre de faire revenir une partie des investisseurs qui s'étaient détournés de la dette de l'Hexagone en raison de son trop faible rendement. Certes, le coût d'émission sera un peu plus élevé pour le Trésor. Mais il continue de se financer dans de très bonnes conditions : le taux moyen à l'émission depuis janvier est de 1,38% (sans prendre en compte les obligations indexées sur l'inflation)! Et le Trésor est en avance sur son programme d'émissions par rapport à la même période l'année dernière : il a ainsi réalisé 51% de ses adjudications pour 2013 contre 48% il y a un an, fin mai. La remontée rapide des taux français n'est donc pas un signal d'inquiétude ou de défiance des marchés vis-à-vis de la France, mais résulte plutôt d'un mouvement de hausse générale et d'une normalisation du marché, après une période de taux au plus bas.
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