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exclusif Edenred sous les projecteurs

EXCLUSIF. Le spin-off d'Accor va bénéficier de l'inflation et de la hausse des taux d'intérêt. Il accélère les distributions et le passage à la carte pour appâter des repreneurs.
L'un des chouchous des analystes financiers en ce moment est aussi un des derniers groupes entrés en bourse sur Euronext : Edenred, l'ancienne filiale d'Accor introduite en juillet dernier, dont le titre a gagné plus de 15% depuis dix jours. Une récente note d'analyste contribue à cette ferveur et souligne les leviers de croissance dont dispose encore le fabricant des tickets restaurants. Au plan macroéconomique tout d'abord, l'inflation, qui est un sujet d'inquiétude pour nombre d'entreprises, aura des conséquences positives pour le groupe puisque les entreprises vont augmenter la valeur faciale des tickets restaurants, ce qui augmentera les volumes émis. Le deuxième effet, la hausse des taux d'intérêt, sera aussi une bonne nouvelle pour Edenred, dont les revenus financiers représentent entre 25 et 35% du résultat opérationnel. Etant donné le décalage entre le moment où les entreprises paient ces tickets et celui où les salariés les utilisent, le groupe dispose de 2,2 milliards d'euros de "float", des flux de trésorerie positifs qui seront mieux rémunérés. La valeur est aussi prometteuse pour ses actionnaires, car le groupe devrait faire grimper son taux de distribution de 68% aujourd'hui à 85% en 2013. La société pourrait dans ce cas verser au maximum 675 millions d'euros à ses actionnaires entre 2011 et 2013. Enfin, l'aspect spéculatif est particulièrement intéressant à jouer selon les analystes. Colony et Eurazeo ont aujourd'hui 27% d'Edenred et doivent y rester au moins jusqu'en janvier 2012, sauf en cas d'offre publique venant d'un tiers. Seule une participation de 7,4% appartenant à un fonds de Colony n'est pas liée par cet accord. Il semble probable que les actionnaires cherchent à sortir après cela, si un bon prix est proposé. On parle déjà de candidats potentiels comme l'américain Mastercard, avec lequel Edenred a un accord commercial, ou Visa, qui ont tous deux des trésoreries confortables. Cette spéculation est aussi nourrie par le discours d'Edenred, qui a décidé d'accélérer son passage du papier aux cartes à puce, qui représenteront 50% des volumes à fin 2012, contre 2016 prévu initialement. Tout semble donc en marche pour habiller la mariée Edenred, de sorte qu'elle soit vendue à un prix attractif.
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