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exclusif Le gouvernement trop optimiste pour ses prévisions de croissance ?

EXCLUSIF. François Baroin présentera le budget pour l'année 2012 en fin d'après-midi. Si les prévisions de croissance semblent raisonnables pour 2011 et 2012, elles sont trop optimistes au-delà de cette date selon les analystes.
François Baroin et Valérie Pécresse présenteront cet après-midi le projet de loi de finance pour 2012 ainsi que leurs prévisions de croissance à moyen et long terme. Pas de grande surprise à priori, les deux ministres devant confirmer leur objectif de réduction du déficit de 5,7% cette année à 3% en 2013. Le gouvernement a par ailleurs revu ses prévisions de croissance à la baisse à 2% pour les années 2013, 2014 et 2015, selon une annexe du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2012. Une révision qui fait suite à l'abaissement fin août des prévisions du gouvernement pour 2011 et 2012. La France ne table plus que sur une croissance de 1,75% cette année et l'an prochain. Elle montre ainsi qu'elle a su écouter les recommandations de la commission européenne qui conseillait aux gouvernements d'être plus prudents sur leurs prévisions. Si les économistes reconnaissent que les 12 milliards d'euros d'économies supplémentaires annoncés par le gouvernement fin août sont une bonne chose pour le rééquilibrage budgétaire du pays, ils estiment que les prévisions sont trop optimistes pour l'après 2012. En 2013, Barclays estime que la croissance française ne sera que de 1,4% contre les 2% annoncés, tandis que le FMI table lui sur 1,9% de hausse du PIB. Elle ne devrait être que de 1,6% puis 1,8% en 2014 et 2015 selon les économistes. Le déficit devrait donc n'être ramené qu'autour de 3,3% en 2013 puis 2,2% en 2014 (contre 2% selon les prévisions du gouvernement). Principale raison de cet écart de croissance entre les estimations du gouvernement et celles de Barclays, un marché de l'emploi déprimé, qui selon les économistes pèsera sur la croissance. L'indicateur de Barclays qui permet de mesurer les intentions d'embauche des entreprises est en berne et le nombre de demandeurs d'emploi toutes catégories confondues a atteint un plus haut en juillet à 4,128 millions. L'indice PMI et celui sur la confiance des consommateurs européens publiés la semaine dernière viennent confirmer le ralentissement à venir de la croissance. Si les prévisions de croissance de Barclays s'avéraient justes, il n'est pas improbable que le gouvernement annonce des mesures d'austérité supplémentaires dans les prochains mois.
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