Les chiffres qui modifient la donne sur Maroc Telecom
EXCLUSIF.
WanSquare s'est procuré une analyse détaillée du marché marocain des télécoms, bouleversé depuis l'arrivée de Wana. De quoi pousser Vivendi à se délester plus vite que prévu de Maroc Telecom.
Le Maroc vient de connaître une année faste en matière de téléphonie mobile. Ce qui ne va pas manquer d'avoir des conséquences sur les offres que s'apprêtent à déposer France Télécom et QTel pour le rachat de Maroc Telecom, filiale de Vivendi. Selon les informations obtenues par WanSquare, le taux de pénétration du portable au Maroc a augmenté tellement vite ces dernières années qu'il dépasse déjà l'objectif fixé par le gouvernement dans le cadre de sa stratégie "Maroc Numeric 2013", celui des 34 millions d'abonnements téléphoniques (fixe et portable) d'ici l'an prochain.
Si cet objectif a été dépassé dès la mi-2011 c'est grâce à une hausse des abonnements de téléphonie mobile, qui se chiffrent à 38,3 millions pour une population d'à peine plus de 32 millions d'habitants. En effet, le taux de pénétration actuel de la téléphonie mobile se situerait autour des 120%, contre 113,6% fin 2011.
C'est Maroc Telecom qui se taille aujourd'hui la part du lion en nombre d'abonnés, contrôlant 47,07% du marché, suivi de Méditel avec 29,93% et de Wana avec 23%. Depuis décembre 2011, Maroc Telecom a ainsi vu son nombre de clients augmenter de 896.000 personnes, tandis que Wana enregistre 1,14 million d'abonnements supplémentaires. En revanche, Méditel a perdu 574 000 clients depuis l'an dernier.
Les services prépayés dominent toujours le segment du mobile : ils représentent environ 95,3% des abonnements. Suite au lancement de Wana en 2010, les trois opérateurs se sont livrés à une concurrence féroce, introduisant diverses offres promotionnelles sur les appels, les SMS, l'internet mobile et les téléphones portables. Résultat, la recette moyenne par minute de communication a chuté, passant de 0,76 dirhams (0,07 euros) à 0,57 dirhams (0,05 euros) entre septembre 2011 et septembre 2012, soit une baisse de 25% en glissement annuel et une diminution considérable par rapport au tarif de 1,63 dirham (0,15 euros) de 2006.
Mais si la baisse des recettes diminue, la durée des appels augmente. L'utilisateur marocain de téléphone portable a ainsi utilisé en moyenne 72 minutes par mois au Q3 2012, contre 57 minutes en décembre 2011. Dans l'ensemble, les appels sortants se sont chiffrés à 9 milliards de minutes au troisième trimestre 2012, contre 6,3 milliards l'année précédente et une hausse de 43,3% en glissement annuel.
Cependant, la plus longue durée des appels n'a pas suffi à contrebalancer les recettes en baisse du segment de la téléphonie mobile, entamant les marges bénéficiaires des entreprises de télécoms. C'est ce qui justifie que Vivendi soit aujourd'hui plus préoccupé par la cession de Maroc Telecom que par celle du brésilien GVT qui reste une extraordinaire pépite.
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17/09/2021 - 10:31

