Deux acteurs du jeu vidéo proches du "game over"
EXCLUSIF.
En redressement judiciaire, le distributeur de jeux vidéo Game France a reçu deux offres faibles de ses concurrents, et devrait licencier 550 salariés. Le fabricant de jeux Atari est aussi en grande difficulté.
La fin de partie semble proche pour l'enseigne Game France, qui dispose de 157 magasins de jeux vidéo dans toute la France. En redressement judiciaire depuis début septembre 2012, la société a reçu des offres faibles de la part de ses principaux concurrents. Tout d'abord Micromania, leader français du secteur avec 500 points de vente, a proposé de reprendre 44 magasins et 88 salariés. Game Cash s'est quant à lui positionné sur 22 boutiques et 58 salariés.
Les employés attendaient des relèvements d'offres, qui peuvent avoir lieu à tout moment avant l'audience de vendredi au Tribunal de Bobigny. Mais du côté de Micromania, il n'en est rien: selon nos informations, le candidat a d'ores et déjà effectué une demande sur cette offre à l'Autorité de la Concurrence. Quant à Game Cash, détenteur de seulement 34 magasins aujourd'hui, ses moyens sont modestes.
Pourtant, le marché des jeux vidéo se porte bien: les ventes ont représenté 3 milliards d'euros en 2011 et pourraient atteindre 4 milliards en 2015. Mais 52% des entreprises présentes dans ce secteur se sont repositionnées sur le seul marché dématérialisé, en pleine expansion. Le marché français du jeu sur mobile (tablettes et Smartphones) a affiché des revenus de 205 millions d'euros en 2011, avec des objectifs de 247 millions pour 2012 et 356 millions en 2015, selon les données de l'IDATE.
Toujours selon l'IDATE, la tendance est la même pour le jeu en ligne, avec un chiffre d'affaires de 345 millions d'euros l'an dernier, et des objectifs de croissance à 417 millions d'euros pour 2012 et 541 millions à l'horizon 2015. Le jeu sur console devrait quant à lui voir ses revenus reculer de 1,37 milliard d'euros en 2011 à 1,29 milliard en 2012, avant une reprise à 1,48 milliard en 2015, liée à l'arrivée de la nouvelle génération de consoles.
Game France n'est pourtant pas le seul acteur du jeu vidéo en grande difficulté. Lundi, le créateur de jeux Atari (ex-Infogrames), coté à Paris, s'est placé sous la protection de la loi sur les faillites aux Etats-Unis et s'est déclaré en difficulté auprès du Tribunal de Commerce de Paris. Le groupe, racheté par le fonds britannique Bluebay en 2007, s'est recentré depuis sur les jeux sur Internet, puis sur mobile et tablettes, mais sans succès. Il compte aujourd'hui 66 salariés, dont une vingtaine en France.
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17/09/2021 - 10:31

