Réforme bancaire : la FSA va enfoncer le clou
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Le président du gendarme anglais, Lord Turner, devrait prôner devant la Commission bancaire un cloisonnement "ferme" des activités de détail. L'homme est également candidat à la tête de la BoE.
Alors qu'un rapport parlementaire laisse entendre que le contribuable britannique pourrait ne jamais revoir les 66 milliards de livres injectés dans la Loyds et RBS, Lord Turner, président du gendarme anglais, la FSA, devrait aujourd'hui en remettre une couche. Ce dernier va profiter de son audition devant la Commission sur les standards bancaires pour prôner un "ring-fence" (une isolation) ferme" des activités de détails des établissements, selon The Independent. C'est-à-dire l'application à la lettre des recommandations de John Vickers pour protéger le contribuable. Une position en ligne avec les propos qu'il a pu tenir par le passé. Il a en effet déjà reproché aux banques d'avoir des activités qui n'étaient pas "socialement utiles".
Cette commission, instaurée par le chancelier britannique, George Osborne, a déjà entendu plusieurs régulateurs (Paul Volcker, John Vickers) et entame sa dernière semaine d'examens. A partir de ces entretiens, elle publiera le 18 décembre un rapport provisoire censé nourrir la loi de réforme bancaire. Après Lord Turner, ce sont George Osborne et Sir Mervyn King (gouverneur de la BoE) qui devront témoigner.
Les propos de Lord Tuner ne vont pas faire les affaires de l'Association des Assureurs britanniques (ABI), qui s'apprête à répondre à la commission parlementaire. "Nous sommes inquiets que les régulateurs bancaires soient actuellement tournés vers la stabilité financière au détriment de la croissance économique. Ce qui a un impact négatif sur l''investissabilité' des banques", lui a-t-elle déjà répliquée.
Et si la position de Lord Turner risque d'être si dure, c'est que la désignation du futur gouverneur de la Banque d'Angleterre, poste convoité par le président de la FSA, approche à grands pas. Or, parmi les autres candidats, se trouve Paul Tucker, vice-gouverneur de la BoE, dont les liens avec la City ont été largement décriés, notamment dans l'affaire de manipulation du Libor. A noter également que la BoE verra l'an prochain ses pouvoirs renforcés en termes de régulation. "Encore une fois, comme il l'a toujours fait, Turner dit tout ce que les politiques veulent entendre, du moment qu'il a le job", a noté The Telegraph, alors que le président de la FSA défendait l'utilisation d'un "helicopter money" comme plan de relance budgétaire pour la Banque d'Angleterre.
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