Pourquoi les analystes refusent-ils de broyer du noir?
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Les analystes continuent à anticiper que les bénéfices 2013 des sociétés progresseront partout dans le monde d'environ 12%-13%. Des chiffres bien trop optimistes, selon JP Morgan.
Les analystes ne seraient-ils pas un peu trop optimistes ? Bien que les indicateurs économiques soient dans le rouge, ils tablent sur une croissance mondiale des bénéfices des sociétés de 12,6% en 2013, explique JP Morgan Asset Management dans son bulletin hebdomadaire. C'est-à-dire un bond très fort par rapport aux 7,6%, déjà optimistes aux Etats-Unis en 2012, et aux 2,7% en Europe.
Ce qui marque le plus l'auteur de l'étude est l'homogénéité des prévisions de bénéfices pour l'année 2013, d'une région à une autre. Le consensus est de 12,6% pour le S&P500, de 12,4% pour le DJSTOXX, de 11,6% pour le MSCI EM et de 15,9% pour le Topix. "Soit nous assistons à un degré de synchronisation extraordinaire entre ces différentes zones géographiques, soit cela traduit la très faible visibilité des analystes."
Pourtant les bénéfices ont déjà commencé à chuter. En Europe, ils sont en baisse de 4% par rapport à leur point haut de l'automne dernier. De ce fait, 2012 devrait être une année de fléchissement. Or "l'histoire nous enseigne que, lors d'une récession des profits en termes réels, la chute des bénéfices peut atteindre plus de 30% entre le point le haut et le point bas".
D'ailleurs, la seule baisse à un chiffre qu'ait connu l'Europe s'est produite il y a 40 ans durant la crise asiatique. A cette époque, les entreprises du Vieux Continent ont vu leurs bénéfices chuter de 3%. "Il nous semble dès lors trop optimiste d'imaginer une baisse réduite des bénéfices dans un contexte de récession en Europe", précise l'étude.
Pourquoi les analystes ne révisent-ils pas à la baisse leurs prévisions ? Certains s'attacheraient à un espoir de reprise. "Cela est probablement dû au comportement des économistes du sell-side, qui défendent coûte que coûte leurs thèses." A l'inverse, si les statistiques économiques commençaient à surprendre positivement, les révisions du PIB à la hausse par les analystes prendraient plus de temps, dans le mesure où le moral global n'est pas bon.
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