Partouche, en difficultés, va-t-il subir le même sort que Belvédère ?
EXCLUSIF.
Le casinotier Partouche a enclenché des cessions d'actifs pour diminuer sa dette. Le groupe s'est placé en procédure de sauvegarde, faute d'accord avec ses créanciers, parmi lesquels le fonds américain Oaktree qui s'est déjà illustré dans le dossier Belvédère.
Juste le temps de se refaire. Partouche a utilisé le mécanisme de la sauvegarde pour sa société opérationnelle en septembre, ce qui gèle six mois ses dettes, le temps des négociations avec ses prêteurs. La famille fondatrice avait déjà eu recours en avril à cet outil pour son holding, la Financière Partouche, actionnaire principal du groupe de casinos. La man?uvre lui a permis de grappiller du temps pour céder des actifs afin de diminuer sa dette de 233,7 millions d'euros. Le groupe familial vient donc de se défaire de son casino belge de Knokke pour 16,5 millions d'euros. Il a également cédé des actifs immobiliers en Espagne à San Roque pour 2 millions d'euros et en France, à la Grande-Motte (4,5 millions) et Vichy (3,3 millions), et d'autres ventes devraient suivre. Les sauvegardes successives n'ont qu'un but : contrer la stratégie agressive d'Oaktree, fonds américain qui entre discrètement dans des sociétés en difficulté en rachetant leur dette à des banques désireuses de se délester de ces lignes fragilisées et fortement décotées. Le fonds a ainsi amassé 38% de la dette de la société opérationnelle et 34% de celle du holding familial, ce qui le place en position de force dans les tractations. Exactement de la même manière que dans le dossier Belvédère où il a fini par récupérer l'essentiel de sa mise après moult rebondissements.
Il faut dire que malgré ses dettes, le numéro 2 français des casinos a de nombreuses caractéristiques qui séduisent les professionnels du retournement, comme ses difficultés financières contrebalancées par son important patrimoine immobilier. De fait, le groupe d'une cinquantaine de casinos a subi la crise après une série de croissances externes dans les années 2000. Partouche avait tenté un premier rétablissement en 2011 avec le soutien du conseil en retournement Zalis. Ce dernier avait recherché un actionnaire externe après l'échec d'une levée de fonds en Bourse, et a fait entrer au tour de table le spécialiste du retournement Butler Capital Partners. Le fonds avait alors pris autour de 13% des parts, garantissant une augmentation de capital d'environ 30 millions d'euros. L'arrivée de ce chevalier blanc avait convaincu le pool bancaire d'accorder un ré-étalement de son crédit syndiqué. Or aujourd'hui, le problème n'est toujours pas résolu, le désendettement traîne trop au goût des prêteurs et les covenants bancaires lâchent. Une situation idéale pour Oaktree, qui a su profiter de situations similaires dans des dossiers récents. Outre Belvédère, Il a agi de façon similaire avec le fabricant de tuiles Terreal, dont LBO France a perdu la propriété. Le même LBO France a vu aussi débarquer Oaktree dans la dette de Consolis (béton), avec les mêmes intentions. Si les banques françaises rechignent à prendre les clés des entreprises surendettées, Oaktree le peut et le fait savoir. A voir maintenant comment Partouche va sortir de cette ornière après avoir fait partie des leaders de son secteur aux côtés du groupe Barrière.
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17/09/2021 - 10:31

