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exclusif Trading à haute fréquence: la croisade des anglais

EXCLUSIF. Un membre de la BCE vient de se prononcer pour l'interdiction du HFT, alors que les britanniques affirment qu'il réduit les coûts de transaction et augmente la liquidité. L'Europe doit statuer sur des restrictions.
Ewald Nowotny, l'un des membres du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, a relancé le débat sur le trading à haute fréquence (HFT) jeudi dernier, en se prononçant en faveur de l'interdiction pure et simple de cette pratique. Le rôle de cet instrument financier est très controversé notamment depuis le fash crash de 2010 et l'effondrement de Knight Capital. En conséquence, deux clans s'affrontent. D'un côté, des hommes politiques de tous partis qui souhaitent restreindre cette pratique. De l'autre, le Trésor britannique qui salue la contribution du HFT sur le marché européen. Plusieurs règles qui incombent aux places boursières de l'Union européenne depuis 2007 ont largement encouragé ce phénomène. Résultat, le trading à haute fréquence représente désormais 36% des transactions boursières britanniques et 70% du marché américain. Ses partisans n'y voient qu'un atout, assurant qu'il rend le marché plus efficient. Dans une réponse conjointe, le Trésor britannique et l'Autorité des services financiers assurent que ce système d'ordre accroît la liquidité, réduit les coûts de transaction "tout en stabilisant et protégeant le marché contre les abus des investisseurs". A l'opposé, de nombreux investisseurs et députés outre-Manche estiment que le trading à haute fréquence conduit à la volatilité. En Europe, le coût d'achat d'une action a ainsi augmenté de 14% ces trois dernières années. Les revendicateurs veulent se prémunir contre le risque d'un nouveau crash sur le marché, qui est dominé en outre par les spéculateurs. "Il y a un risque systémique qui a besoin d'être absorbé", déclare Kay Swinburne, député conservateur et ancien banquier d'investissement. Ainsi, le Parlement européen souhaite réviser la directive Mif, qui façonne les places financières dans l'Union européenne. La solution serait d'introduire des "disjoncteurs" qui permettront de limiter les mouvements brusques des prix et le nombre d'annulations de commandes. Le destin de cette industrie omnipotente est entre les mains des ministres des Finances de l'Union européenne et des députés du Vieux Continent, qui rendront leur décision cette année. Afin de statuer à ce sujet, le jury sera amené à reconnaître si le HFT joue en faveur du marché ou non. John Mann, un député travailliste, a ajouté que le gouvernement britannique maintiendrait l'idée selon laquelle "le marché financier est là où l'avenir est".
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