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Les entreprises françaises actives sur le marché de la dette
Les entreprises non financières de l'Hexagone ont été plutôt actives sur le marché de la dette depuis janvier et devraient poursuivre sur ce rythme ces douze prochains mois, selon une étude publiée par Moody's hier soir. Ainsi, si l'effondrement des marchés en raison des craintes relatives à l'économie chinoise et du krach pétrolier ont pesé sur les opérations, les entreprises se sont par la suite bien rattrapées : de janvier à septembre, elles ont ainsi émis pour 52 milliards d'euros de titres, d'après des données de Dealogic, citées par l'agence de notation. Les émissions devraient continuer ce dernier trimestre et atteindre environ 60 milliards sur l'année, soit autour du même montant qu'en 2015, où elles avaient représenté 61 milliards.
Quelles sont donc les prévisions pour l'an prochain ? A peu près les mêmes que les deux dernières années si l'on en croit Moody's : les taux d'intérêt devraient effectivement rester bas en 2017 et les conditions macroéconomiques du pays relativement stables, même si les perspectives de croissance sont faiblardes, Moody's anticipant une hausse du PIB de 1,2% seulement après 1,3% cette année. Dans ce contexte, les besoins de financement des entreprises restant relativement importants, de 44 milliards d'euros en 2017 contre 42 milliards cette année, les émissions devraient se poursuivre. Moody's estime cependant qu'elles seront plus importantes sur les cinq premiers mois de l'année prochaine, les entreprises préférant éviter les risques de turbulence post-électorales. Et même si les émissions devaient se tarir sur la deuxième partie de l'année, les entreprises devraient supporter le choc, grâce à un solide niveau de liquidité , la proportion de cash/endettement représentant autour de 24,4% cette année.
Les gros investisseurs notés Investment Grade devraient continuer de dominer le marché des émissions l'an prochain : plus de 3/4 des opérations ont concerné des émetteurs très bien notés depuis le début de l'année. Des mastodontes du CAC 40 ont ainsi testé les marchés dont Sanofi, Vivendi et Total, qui ont profité des conditions favorables de financement sur la deuxième partie de l'année, avec des taux d'intérêt toujours plus bas. Sanofi a ainsi levé pour 1 milliard d'euros à trois ans en septembre à un taux négatif. La taille moyenne des émissions a sensiblement progressé en 2016 (passant de 450 millions d'euros en moyenne à 680 millions) et le nombre d'opérations diminué, soulignant l'exigence grandissante des investisseurs en dette corporate, commente l'agence. La hausse de la taille des émissions résulte également de l'activité M&A, certaines entreprises ayant financé une partie de leurs acquisitions par de l'émission de dette : c'est le cas par exemple d'Air Liquide qui a émis pour 3 milliards d'euros en juin dernier afin de financer une partie du rachat d'Airgas. Les plus gros émetteurs français cette année ont été des entreprises du secteur énergétique et pétrolier, suivi par celui de la chimie et des services.
Globalement, la qualité de crédit des entreprises françaises est stable avec une notation moyenne de Ba1 (notation la plus élevée de la catégorie High Yield pour Moody's) à la fin septembre 2016. Les entreprises à haut rendement devraient d'ailleurs progressivement retourner sur les marchés l'an prochain, après une baisse sensible de leurs niveaux d'émission en 2016 (en chute de 45% sur les neuf premiers mois de 2016, si l'on exclut l'émission Numericable), estime l'agence. La France est la cinquième plus grosse émetteuse High Yield en Europe (toujours sans prendre en compte l'émission de 5,2 milliards de dollars de Numericable en avril dernier) et les entreprises de catégorie spéculative de l'Hexagone seront sans doute confrontées à des investisseurs encore prudents l'an prochain, même si le volume d'opérations devrait remonter, conclut Moody's.
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