Le fonds Elliott Advisors a gagné une nouvelle fois
L’activiste s’était lancé dans une guerre contre la direction d’AkzoNobel, mais le président Antony Burgmans a jugé bon de démissionner avant la prochaine AGE, suivant de près le départ du directeur général Tom Büchner. Désormais les actionnaires devraient pouvoir étudier l’offre de PPG de manière plus sereine.
La tempête Elliott Advisors a encore frappé. Le fonds activiste, qui détient 9,5% d’AkzoNobel, a fini par obtenir ce qu’il voulait : la démission du président du conseil de surveillance de la société, Antony Burgmans. Ce dernier a annoncé ce matin son départ à la retraite « à l'issue de (son) troisième mandat en avril 2018 ». L’activiste reprochait à Antony Burgmans d’être à l’origine du rejet de l’offre de rachat proposée par PPG pour 26,3 milliards d’euros. Une offre réitérée trois fois par l’américain, mais refusée autant de fois par la société néerlandaise de peintures et de revêtements. Cette démission du président intervient une semaine après le départ du directeur général Tom Büchner, qui avait démissionné, à effet immédiat, mais pour des raisons médicales.
Dans la foulée, c’est Thierry Vanlancker qui avait été désigné pour le remplacer. Mais sa nomination, tout comme les raisons du rejet de l’offre de PPG, n’ont pas encore été scrutées et approuvées par les actionnaires. C’est pourquoi le fonds Elliott avait saisi la justice hollandaise il y a déjà plusieurs mois pour qu’AkzoNobel convoque une assemblée générale extraordinaire, notamment pour révoquer Antony Burgmans. C’est chose faite aujourd’hui, le groupe ayant, en marge de ses résultats trimestriels plutôt mauvais, annoncé avoir convoqué les actionnaires en AGE le 8 septembre prochain.
La proposition de rachat par PPG sera donc au centre des discussions, puisque la donne a changé avec le départ du président réfractaire. Ainsi, « la question est désormais de savoir si le conseil d'Akzo va rester unanime dans sa résistance à PPG » soulignait ce matin à Reuters Joost van Beek, analyste chez Theodor Gilissen. « L'histoire PPG n'est pas complètement terminée, ils vont attendre et voir si de nouvelles occasions se présentent », poursuit-il. Mais rien n’est gagné pour PPG, puisque le nouveau directeur général compte continuer la stratégie mise en place jusqu’ici pour rester indépendant. Aussi, « je considère que ma tâche est d'accélérer et d'exécuter nos projets pour la croissance et la création de valeur », a-t-il ainsi déclaré lors d’une conférence téléphonique.
Or, l’aval des actionnaires pour le rapprochement avec PPG est essentiel pour que l’opération aille jusqu’au bout. AkzoNobel a mis en place une entité dite « stichting » (fondation) permise par le droit néerlandais et qui prévient de toute offre hostile en séparant les actions à droit de vote des actions de propriété. Ces structures légales spécifiques doivent donc suivre les actionnaires s’ils sont en faveur d’une fusion entre deux sociétés ou pour la nomination d’un nouvel administrateur ou dirigeant. On comprend mieux pourquoi Elliott, qui reste l’actionnaire de référence d’AkzoNobel, insistait pour convoquer une AGE, lui qui est un fervent défenseur du rapprochement avec PPG.
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