Macro-économie / Taux / EDF / PPE3 / énergie nucléaire
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EDF / PPE3 / énergie nucléaire
Une coûteuse modulation du parc nucléaire / La France a pourtant besoin d’augmenter ses capacités en la matière
Un phénomène ancien qui refait surface. La modulation du parc nucléaire tricolore ne date pas d’hier, néanmoins elle prend une forme différente cette fois-ci. EDF vient de revenir longuement sur la question à l’occasion d’un rapport portant sur l’évolution croissante de la pratique. La dynamique est loin d’être négligeable avec des volumes de modulation nucléaire ayant doublé entre 2019 et 2024 – passant de 15 TWh à plus de 30 TWh.
Pour rappel, on parle de modulation « lorsqu’un réacteur fonctionne à une puissance inférieure à sa puissance maximale ou est arrêt ». Un mécanisme qui a toujours existé historiquement pour s’adapter à une demande plus faible. Cependant tandis que cela survenait essentiellement la nuit et le week-end, désormais EDF avance que cela se produit en pleine journée. La raison ne fait aucun doute, les périodes de forte production solaire engendrant un surcroît d’offre et ce alors que le contexte de consommation est qualifié d’atone. Le développement des différents moyens de production renouvelables, solaires et éoliens se poursuivant dans le même temps afin de permettre à la France de réaliser sa sortie des énergies fossiles (comptant aujourd’hui pour 60 % de la consommation d’énergie).
Contrainte
Une modulation loin d’être indolore à en lire le rapport publié ce lundi, lequel fait valoir que « la flexibilité accrue demandée aux moyens de production d’EDF conduit notamment à un renchérissement des coûts de maintenance de tous ces équipements ». De quoi faire dire au groupe que face à l’absence de débouchés économiques entraînant une forte augmentation de la modulation - ce qui n’avait pas été le cas jusqu’en 2023 à en croire la publication - il faut accélérer l’électrification des usages dans l’Hexagone. En attendant, le chiffrage précis des coûts du système électrique se poursuit après avoir été engagé dans le cadre de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie. L’impact de la modulation pouvant atteindre plusieurs milliards d’euros à amortir sur plusieurs années.
Les conséquences ne se font pas sentir uniquement pour le volet nucléaire, EDF expliquant qu’il sera mené par ses soins – lors du premier semestre 2026 - une étude spécifique sur les « conséquences de cette flexibilité accrue demandée au parc thermique. L’étude permettra notamment d’affiner l’impact économique ». Pour comprendre les conséquences entraînées par la modulation, EDF argue qu’il y a deux pertes induites par la modulation ; il faut d’un côté réduire la production et de l’autre des investissements supplémentaires sont nécessaires notamment en termes de maintenance.
Une ligne rouge semble fixée en termes d’équilibre entre l’offre et la demande, EDF considérant « qu’en dessous d’un seuil de production nucléaire d’un ordre de grandeur situé entre 18 et 20 GW, un nombre significatif de réacteurs devront faire l’objet d’arrêts ». Ce qui engendrait un risque supplémentaire de ne pas pouvoir atteindre à nouveau la pleine production rapidement, une situation préjudiciable lorsqu’on sait que cet hiver il a déjà été nécessaire que l’ensemble du parc nucléaire fonctionne lors d’un pic de froid.
Prioriser
Cette nécessité de commencer à moduler prioritairement les centrales électriques nucléaires, hydrauliques et thermiques s’explique par le fait que les sources d’énergie renouvelable « sont connectées au réseau de distribution et contribuent très peu aux services de maintien de la tension et de la fréquence sur le système électrique ». Bien qu’une réflexion soit en cours pour augmenter la participation des centrales éoliennes et photovoltaïques au maintien de la tension, la priorité demeure d’éviter un black-out tel que celui qui s’est produit dans la péninsule ibérique l’an passé. Impossible à ce titre de raisonner à la seule échelle tricolore, d’autant plus que les interconnexions entre la France et ses voisins ont vocation à croître et sont autant de débouchés pour valoriser la production nucléaire tricolore.
La difficulté qu’on perçoit est de parvenir à trouver un équilibre entre l’équation économique à court terme et la nécessité de décarboner la production énergétique hexagonale à moyen terme. La réflexion est à mener tant au niveau français qu’en concertation avec les autres pays européens et se retrouve de fait dans les projets à venir. Les EPR2 intégrant notamment une capacité à moduler telle qu’elle existe dans le parc existant, tout en fournissant la capacité de répondre à une forte demande.
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