Macro-économie / Taux / OCDE / choc / énergie
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OCDE / choc / énergie
Guerre au Moyen-Orient : une croissance mondiale en trompe-l’œil / Un choc énergétique qui creuse des écarts entre les économies
Un monde économique fragmenté. Derrière une croissance mondiale attendue à 2,9 % en 2026 et 3 % en 2027, soit des chiffres quasiment inchangés par rapport à décembre dernier (-0,1 point pour 2027), les perspectives de l’OCDE révèlent une réalité plus contrastée : tous les pays ne seront pas affectés de la même manière par le choc énergétique en cours.
"Le renchérissement des prix de l’énergie renforcera les termes de l’échange et la croissance des revenus dans les pays exportateurs nets d’énergie, l’inverse étant vrai pour les importateurs." Cette divergence constitue l’un des enseignements majeurs des nouvelles projections.
La hausse des prix du pétrole et du gaz, alimentée par les tensions au Moyen-Orient, agit comme un puissant facteur de redistribution à l’échelle mondiale. Les économies exportatrices d’énergie voient leurs revenus et leur croissance soutenus, tandis que les pays importateurs subissent un double choc : ralentissement de l’activité et érosion du pouvoir d’achat.
"L’impact de la hausse des prix de l’énergie se fera sentir différemment entre les pays selon leur statut d’importateur ou d’exportateur net d’énergie." Une ligne de fracture qui traverse aussi bien les économies avancées que les marchés émergents.
En Europe, cette vulnérabilité est particulièrement marquée. La zone euro, fortement dépendante des importations énergétiques, devrait voir sa croissance chuter à 0,8 % en 2026 (-0,4 point), après 1,4 % en 2025. La hausse des coûts de l’énergie pèse sur les entreprises comme sur les ménages, tandis que les marges budgétaires restent contraintes dans plusieurs pays. Pour la France, l’OCDE révise la croissance à la baisse à hauteur de -0,2 point (0,8 %) tout comme pour l’Italie (0,4 %).
À l’inverse, certains pays pourraient tirer parti de la situation. Les exportateurs nets d’énergie bénéficient d’une amélioration de leurs termes de l’échange, renforçant leurs recettes et leur capacité d’investissement. Cette dynamique contribue à accentuer les déséquilibres globaux.
Aux États-Unis, dont la croissance est révisée à la hausse de 0,3 point (2 %) et au Canada, la situation est plus nuancée. Si la hausse des prix de l’énergie pèse sur les consommateurs, elle pourrait aussi stimuler la production domestique.
L’inflation, elle aussi, reflète ces disparités. Si elle augmente globalement dans le G20, son intensité varie selon les structures économiques et la sensibilité aux prix de l’énergie et des produits alimentaires.
"Les effets les plus sensibles étant observés dans les économies de marché émergentes et en développement." Ces pays, souvent plus dépendants de l’énergie et confrontés à une plus forte intensité énergétique, subissent une pression accrue sur les prix.
Sans surprise, les aléas associés aux prévisions de l’OCDE sont importants. Une aggravation des tensions au Moyen-Orient pourrait amplifier ces écarts, en provoquant de nouvelles perturbations des approvisionnements énergétiques et des chaînes logistiques.
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