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Schneider Electric porté par l'IA des deux côtés du Pacifique / La Chine accélère, le groupe signe un trimestre historique

La vague d'investissements dans les centres de données ne montre guère de signes d'essoufflement. Pour Schneider Electric, elle s'étend désormais de l'Amérique du Nord à l'Asie, où les projets se multiplient. Le groupe engrange des commandes qui lui donnent davantage de visibilité sur 2027 et 2028.
Olivier Blum, le directeur général de Schneider Electric. (Photo by Jim WATSON / AFP)
Olivier Blum, le directeur général de Schneider Electric. (Photo by Jim WATSON / AFP)

La Chine s’impose désormais aux côtés des États-Unis parmi les moteurs de Schneider Electric. Au troisième trimestre, la zone Chine & Asie de l’Est a enregistré une progression organique de 26,1 %, supérieure à celle de l’Amérique du Nord (+19,9 %), et porté le chiffre d’affaires du groupe à 11,46 milliards d’euros. Avec une croissance organique de 16,9 %, bien au-delà des 13,8 % attendus par le consensus, l’équipementier signe « un nouveau record pour Schneider Electric, non seulement pour un troisième trimestre, mais pour n’importe quel trimestre de notre histoire », s’est félicité vendredi Olivier Blum, son directeur général, lors de la conférence avec les analystes. De quoi relever, pour la deuxième fois cette année, son objectif annuel.

Les centres de données restent au cœur de cette dynamique. Pour la troisième fois en quatre trimestres, les commandes sur ce marché ont progressé de plus de 100 %, donnant au groupe davantage de visibilité sur 2027 et 2028. Les centres de données et les réseaux représentaient déjà 30 % de ses commandes en 2025. Mais la frénésie d’investissements dans l’intelligence artificielle soulève aussi la question de la solidité financière de certains clients. Lors de la conférence, un analyste de Morgan Stanley a ainsi interrogé les dirigeants sur leur exposition aux néoclouds, comme CoreWeave, dont les tensions sur le marché de la dette ont récemment suscité des interrogations. « Nous sommes extrêmement attentifs à sélectionner les entreprises qui seront là sur le long terme », a répondu Olivier Blum, mettant en avant leurs « solides capacités financières » et leur intérêt pour la conception conjointe de solutions avec Schneider Electric. « Cette forte sélectivité nous a aidés, trimestre après trimestre, à livrer et à éviter toute surprise. »


Le pari chinois se confirme


Ce boom ne se limite donc plus à l’Amérique. Dans la gestion de l’énergie, la zone Chine & Asie de l’Est a enregistré une croissance de 32,4 %, portée en Chine par les centres de données et les semi-conducteurs, et dans le reste de la région par de grands projets, notamment en Malaisie ou en Thaïlande. En Chine, les géants comme Alibaba ou Tencent passent par des tableautiers et des intégrateurs, un modèle centré sur les produits dans lequel Schneider dispose du plus vaste réseau de partenaires du pays. « Comme c’est là que nous avons la position la plus forte, nous profitons beaucoup de cette accélération du marché », explique Olivier Blum. De retour d’un déplacement en Chine trois semaines plus tôt, le dirigeant a changé d’avis sur la durée de cette accélération : « Au début de l’année, nous étions un peu plus prudents dans nos réponses, car nous n’étions pas trop sûrs qu’il ne s’agisse pas simplement d’un phénomène de court terme. » La dynamique pourrait finalement durer « au moins tout au long de 2027 ». La Chine rejoint ainsi les États-Unis et l’Inde parmi les pays appelés à porter la croissance au quatrième trimestre.


Le pouvoir des prix


Schneider profite également de ses hausses de prix. Les ventes de produits ont accéléré à +17 %, après +13 % au deuxième trimestre. Les augmentations tarifaires décidées en début d’année produisent désormais pleinement leurs effets, tandis que de nouvelles mesures montent en puissance. Au troisième trimestre, leur contribution aux ventes atteint ainsi un montant proche des 280 millions d’euros enregistrés sur l’ensemble du premier semestre. Ces hausses doivent permettre de compenser en 2026 l’inflation des matières premières et les droits de douane nets. « Si des pressions inflationnistes apparaissent en 2027, nous utiliserons à nouveau ce levier », prévient Nathan Fast, le directeur financier.

La croissance reste cependant inégale selon les métiers et les régions. Les automatismes industriels progressent de 8 %, freinés par la faiblesse des industries de procédés, tandis que le marché résidentiel reste peu porteur. L’Europe affiche également une croissance plus modérée, à 8,6 %. Elle « reste plus molle bien qu’en croissance », relève Invest Securities.


Une prudence calculée


Schneider vise désormais une croissance organique de 12 % à 14 % en 2026, contre 10 % à 13 % jusqu’ici, et une marge d’EBITA ajusté de 19,7 % à 19,9 %, contre 19,4 % à 19,7 %. Mais après 15 % de croissance sur neuf mois, le milieu de la nouvelle fourchette impliquerait un net ralentissement, à environ 7 % au quatrième trimestre. « La nouvelle guidance de croissance organique nous semble relativement (trop ?) prudente », estime Oddo BHF. Pour justifier cette retenue, Nathan Fast invoque notamment la base de comparaison élevée de fin 2025 et la nécessité de tenir compte des incertitudes, notamment des tensions au Moyen-Orient qui pourraient perturber les chaînes d’approvisionnement et raviver l’inflation. « Nous prenons en compte un large éventail de scénarios », explique le directeur financier.

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