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Le FMI encore plus optimiste pour 2018
Le FMI ne fait pas partie des pessimistes qui prédisent la fin du cycle économique haussier pour cette année. L'institution a en effet publié cet après-midi ses prévisions de croissance révisées pour 2018 et 2019, en hausse de 0,2% sur chacune des années. Selon elle, le PIB mondial devrait donc progresser de 3,9% en 2018 et 2019, soit la plus forte hausse depuis trois ans (3,2% de croissance en 2016 et 3,7% en 2017). Cette accélération concerne aussi bien les pays développés que les émergents, et sera même la plus largement répartie depuis 2010. Un phénomène de plus grand partage des richesses entre les différentes régions du monde qui a déjà commencé l'an dernier, où les 3/4 de l'activité économique ont concerné 120 Etats.
Quels sont les principaux facteurs de la poursuite de l'embellie cette année et en 2019 ? La réforme fiscale tout d'abord, devrait booster le PIB américain à hauteur de 1,2% d'ici 2020, prédit le FMI. L'impact de cette réforme représente même environ la moitié de la révision à la hausse par le FMI en 2018 et 2019. Mais les effets de la réforme seront de courte durée, prévient l'institution, qui souligne l'aspect temporaire de certaines mesures d'incitation fiscale à destination des entreprises. "L'amélioration de la conjoncture en 2016 ne vient pas de nulle part", explique par ailleurs Maurice Obstfeld, conseiller économique et directeur des études du FMI, sur le blog de l'institution. Selon lui, elle provient des politiques monétaires ultra accommodantes mises en place par les banques centrales et de politiques fiscales moins restrictives.
Mais temporise le FMI, la situation actuelle ne constitue pas la "nouvelle normalité" et la croissance à moyen terme risque d'être affectée par différents facteurs, avertir l'économiste. Ainsi, dès que les pays développés auront refermé l'outputgap (différence entre la croissance réelle et potentielle), ils retourneront à leurs niveaux de croissance de long terme, notamment en raison de la faiblesse de la productivité de ces Etats et du vieillissement de la population. Ensuite, les deux plus grosses économies qui tirent la croissance mondiale, devraient ralentir à moyen terme : la Chine et les Etats-Unis. La première parce que les autorités du pays comptent réduire l'intervention publique et contenir l'expansion du crédit, et les seconds parce que les mesures décidées par Trump auront un impact de court terme seulement. Le FMI met également en garde contre la croissance de l'endettement public et privé au niveau mondial, dans un contexte de taux au plus bas et de relâchement fiscal. Enfin, le chef des études estime que l'émergence des courants nationalistes et autoritaires risquent de réduire la capacité des gouvernements en place à faire des réformes.
Si le FMI est optimiste, il se garde donc bien de tout triomphalisme et appelle les Etats à voir plus loin et à profiter de la bonne conjoncture pour accélérer les réformes et renforcer les instruments pour lutter contre l'instabilité financière. "Le risque actuel le plus important est sans doute la complaisance. (...) Même s'il paraît très tentant de s'asseoir et de profiter du beau temps les hommes politiques doivent au contraire se dépêcher de renforcer la croissance", avertit Maurice Obstfeld. "Car la prochaine récession est peut être plus proche que ce que nous pensons, et nous aurons beaucoup moins de munition pour la combattre qu'il y a une décennie, notamment parce que notre niveau d'endettement est beaucoup plus élevé".
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