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M&A / Actualité des sociétés

Santé: des M&A qui rapportent gros aux banquiers

L'acquisition géante de Forest par Actalis pour 25 milliards de dollars va rapporter 125 millions de dollars aux banques conseils, sans compter les commissions des prêteurs. La santé, secteur déjà très actif et lucratif, sera encore bullish cette année.
Poignee de mains
Poignee de mains

C’est une opération à 25 milliards de dollars, et pourtant elle n’est qu’en septième position des plus gros deals dans la santé depuis 2007. L’acquisition du laboratoire américain Forest Laboratories par son compatriote Actavis devrait certes gonfler un peu plus la fortune de Carl Icahn, entré en novembre 2009 dans la cible et avec un retour de plus de 200%, mais pas seulement. Les banques conseils vont également engranger de juteuses commissions et se positionner pour les league tables du premier trimestre. Ainsi JP Morgan, qui a conseillé Forest Laboratories, devrait toucher entre 55 et 65 millions de dollars, tandis que Greenhill & Co recevrait un chèque compris entre 50 et 59 millions de dollars. Tout cela sans compter les commissions versées aux banques arrangeuses du financement, Bank of America et Mizuho, qui pourraient prélever 2 à 2,5% du montant du prêt.

Mais si les chiffres sont éloquents, il ne s’agit pas d’un précédent dans le secteur de la santé, accoutumé aux opérations géantes, qui ont déjà fait les affaires des banques attitrées. On se souvient que début 2011, c’est le français Sanofi qui mettait la main sur Genzyme pour plus de 20 milliards de dollars. JP Morgan, encore lui, et Evercore s’étaient alors partagés entre 50 et 60 millions de dollars pour avoir conseillé Sanofi, alors que Credit Suisse et Goldman Sachs ont empoché entre 53 et 65 millions de dollars. Deux ans plus tôt, Pfizer avait encore repoussé les limites en rachetant Wyeth pour 68 milliards de dollars. Les banques avaient alors encaissé 207 millions de dollars, dont 125 millions pour les conseils de la cible et 82 millions pour ceux de l’acquéreur.

Dans les dernières années, un seul méga deal semble avoir échappé à cette règle du jackpot pour les banques conseils : il s’agit de l’acquisition de Genentech par Roche, pour 46,8 milliards de dollars. Le suisse avait choisi de ne s’adjuger qu’un seul conseil, la boutique Greenhill & Co, et n’a sollicité aucun bridge pour financer cette opération. Or, lorsqu’un acquéreur peut financer lui-même son opération, comme Roche l’a fait avec son émission obligataire de 34 milliards de dollars, il n’a pas besoin de multiplier les banques conseils pour obtenir les meilleures conditions tarifaires.

Le secteur n’en est pas au bout de sa consolidation, loin s’en faut. Selon les estimations, les laboratoires ont perdu plus de 60 milliards de dollars de revenus entre 2010 et 2012 en raison de l’arrivée des génériques, et 50 milliards supplémentaires pourraient partir en fumée dans les cinq prochaines années. En parallèle, les grands acteurs comme Merck et Bristol Myers Squibb ont mené des restructurations et ont des milliards de dollars de trésorerie, qu’ils souhaitent investir dans les laboratoires spécialisés et la R&D. Si on ajoute à cela que les prix devraient se stabiliser après une année 2013 très bullish et que les régulateurs semblent plus enclins à autoriser des rapprochements, la frénésie que connaît la santé ne paraît pas prête de s’essouffler.

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