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Four more years for Wall Street

L'industrie bancaire, qui a largement soutenu financièrement Mitt Romney, va devoir apaiser ses relations avec la Maison Blanche. Des changements de têtes, notamment au Trésor, pourraient faire ses affaires.
Wall Street a misé sur le mauvais cheval. Après avoir donné 29,5 millions de dollars au candidat républicain Mitt Romney, contre seulement 8,7 millions à Barack Obama, l'industrie financière (sociétés d'investissement, banques et fonds privés) va devoir redoubler d'efforts pour renforcer ses liens avec la Maison Blanche. Liens qui se sont distendus au cours du précédent mandat démocrate. En traitant les banquiers de "fat cats" (richards) en 2009, le président a donné le ton. Une parole suivie d'effets puisqu'un an après, Barack Obama signait la réforme de Wall Street, le Dodd-Frank Act. Des relations tendues qui ont mené à des déclarations tonitruantes. Comme celle de Steven Schwarzman en 2010, cofondateur du fonds de private equity Blackstone, qui a comparé la politique fiscale du président à "Hitler envahissant la Pologne". Ce n'est pourtant pas faute d'avoir parié sur Barack Obama en 2008. Lors de la précédente élection, le démocrate a reçu 22,7 millions de dollars de la part de l'industrie financière. Soit bien plus que son challenger, John McCain (13,5 millions), selon le Centre des Politiques Responsables (CRP). "J'ai voté pour Obama en 2008 mais j'ai évidemment pensé que Romney serait plus apte à gérer les problèmes auxquels nous sommes confrontés", a déclaré à Reuters Scott Sperling, coprésident du fonds de private equity, Thomas H. Lee Partners. Et les dossiers sur la table des financiers sont nombreux. La fiscal cliff va évidement être un élément déterminant. Les clients américains de JP Morgan sont, par exemple, 61% à considérer "que la falaise fiscale affecte leurs plans d'embauche", affirme Tim Paulenty, patron de la Financial Services Roundtable, dans une lettre envoyée la semaine dernière au Congrès. Pour ne rien arranger, Elizabeth Warren, démocrate de son état, vient d'être élue sénatrice du Massachussetts. Un beau caillou dans la chaussure des banquiers puisque cette militante pour une "concurrence loyale" n'a jamais caché son animosité envers Wall Street. La mère du Consumer Financial Protection Bureau pourrait d'ailleurs siéger au Comité Bancaire du Sénat... Néanmoins, l'industrie financière pourrait bénéficier de changements de têtes à des postes clefs. Le secrétaire au Trésor, Tim Geithner, ne devrait pas rempiler pour un second mandat. Le nom du patron de BlackRock, Larry Fink, circule pour le remplacer. Tout comme celui de Jack Lew, qui fut chef d'exploitation chez Citigroup, et de l'ancien banquier d'investissement, Erskine Bowles. Du côté des régulateurs, bien que son mandat n'expire qu'en juin 2014, Mary Schapiro, présidente de la SEC, pourrait quitter le navire plus tôt que prévu. Elle pourrait être remplacée par l'une de ses proches, Elisse Walter. Le mandat de Gary Gensler (CFTC) arrivera également à son terme en avril prochain. Il pourrait être prolongé jusqu'à fin 2013, mais les critiques sur sa gestion à la suite de l'effondrement de MF Global et de Peregrine font tâche sur son dossier. Or, ce sont les gendarmes qui font la loi en matière de calendrier. Et même si les discussions avec l'industrie sont en grande partie à l'origine du retard de la transposition du Dodd-Frank, les financiers aimeraient savoir à quelle sauce ils vont être mangés. Cela dit, même si Mitt Romney l'avait emporté, sa promesse d'abroger le Dodd-Frank Act aurait probablement été jetée aux oubliettes, faute d'appuis au Sénat. Pour son second mandat, Barack Obama devrait se concentrer sur le budget plutôt que sur les questions réglementaires. Laissant ces dernières aux mains du Congrès, où les banquiers ont de nombreux soutiens, a expliqué Mark Calabria, du think tank Cato Institute.
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