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Les banques européennes pas pressées de se concentrer
Ce qu’a évoqué Jean-Laurent Bonnafé, ce jeudi lors de l’assemblée générale des actionnaires du groupe qu’il préside est très instructif. Interrogé lors de la séance des questions sur sa volonté de mettre éventuellement la main sur son homologue allemand, Deutsche Bank, il a fermement répondu par la négative. Dont acte. Mais le plus intéressant, ce sont les raisons invoquées pour ne pas aller dans cette direction. "A un horizon visible, le groupe n'a pas l'intention d'entrer dans des opérations d'ampleur majeure parce que cela ne serait pas possible. On ne peut pas transformer, moderniser, accélérer notre métier tout en s'engageant dans des opérations d'acquisition majeure", a-t-il ainsi martelé.
Et ce qui est vrai pour BNP Paribas, l’est tout autant pour les autres grands établissements du Vieux Continent, tous concentrés sur leur virage digital et la transformation de leur modèle économique. Tout en réussissant à éviter les "scuds" de la justice américaine et se mettre en adéquation avec des règles prudentielles toujours plus strictes.
C’est bien dans ce contexte pour le moins instable et anxiogène que les banques européennes abordent ainsi les prochaines années. Il est donc illusoire d’imaginer qu’elles puissent être en train d’organiser de savants mécanos afin de se concentrer. Idée qui a pourtant germé dans l’esprit de nombre d’experts il n’y a pas si longtemps. Au motif que pour face aux mastodontes américains et bientôt chinois, les établissements européens doivent se regrouper. Et ce, de façon d’autant plus impérative que certains d’entre eux se sont affaiblis au fil des différentes crises financières. C’est le cas de Deutsche Bank dont la capitalisation boursière ne dépasse plus 21,2 milliards d’euros quand celle de BNP Paribas atteint 76 milliards. C’est le cas aussi de banques italiennes, dépassées par le poids de leurs créances douteuses. Mais l’heure n’est plus aux opérations de sauvetage. Surtout au moment où chaque euro de fonds propres sert, pour beaucoup, à conforter les coussins des ratios réglementaires.
Les anticipations de consolidation du secteur bancaire européen doivent être donc revues à l’aune de la réalité économique et des enjeux stratégiques de ces établissements. Ce qu’a très bien expliqué le patron de BNP Paribas ce matin.
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