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La Fed a elle aussi les yeux rivés sur la Grèce et la Chine
Le NYSE a connu une journée mouvementée ce mercredi, lorsque des problèmes techniques ont causé une suspension de la Bourse de New York à 11h32 EMT. La panne a duré jusqu’à 15h10 mais a eu peu de conséquences pour les investisseurs, qui pouvaient échanger sur d’autres places réglementées et dark pools, comme Nasdaq ou encore BATS Global Markets. Un incident qui s’est cumulé à la panne de routeur connue par United Airlines en début de journée, qui a provoqué des retards sur les vols pour toute la journée, mais aussi à l'accident technique du site du Wall Street Journal le même jour. Le FBI a été rapidement mis au courant de la situation mais le scénario de cyber-attaque a été écarté.
En raison de cette perturbation, la publication des minutes de la Fed, qui devait être analysée de près par les investisseurs, est passé plutôt inaperçue. Elle recelait pourtant des informations intéressantes sur l’état d’esprit du comité de politique monétaire. Si les perspectives sur l’économie sont restées globalement inchangées, la quasi-totalité des membres a jugé préférable d’attendre des signes plus tangibles de redressement avant de décider d’une première hausse des taux, et seul un membre a voté pour un relèvement dès juin. En particulier, ils pensent que le coup d’arrêt du premier trimestre pourrait avoir des effets à court terme sur la consommation avec une hausse du taux d’épargne, ou encore que la hausse du dollar et la baisse du pétrole pourraient avoir des effets plus importants sur l’activité.
Par ailleurs, les membres se sont alarmés de l’évolution de la situation mondiale, alors que la Grèce n’avait pas encore fait défaut sur un de ses prêts auprès du FMI. Les minutes révèlent ainsi « une incertitude sur la possibilité pour la Grèce de signer un accord avec ses créanciers officiels, et sur le rythme de croissance à l’extérieur, en particulier en Chine et dans d’autres pays émergents ». Si les démêlés des grecs avec la Troïka avaient déjà cours, la bombe à retardement chinoise avait également été identifiée par la Fed. Les deux sujets n’étaient sans aucun doute pas aussi prégnants lors de la réunion du 15 et 16 juin, si bien que la Fed devrait sans aucun doute prendre en compte ces nouveaux paramètres externes lors de sa prochaine réunion de politique monétaire.
Reste qu’outre le trou d’air du premier trimestre, l’économie américaine a retrouvé le chemin de la reprise depuis quelques mois, l’inflation reprend de la vigueur et le marché du travail s’améliore. Conscients de cela, les membres s’accordent sur la nécessité de relever les taux cette année, après de longues années de politique expansionniste. Les avis divergent néanmoins sur le timing. « Grâce au flux de bonnes nouvelles, à l’amélioration de l’activité à court terme et sous réserve de mauvaises surprises sur la Grèce, nous continuons d’anticiper une hausse des taux en septembre », maintient Thomas Julien, analyste chez Natixis. D’autres soulignent les vents contraires : « le non grec, le risque de défaut de Porto Rico, la correction du marché chinois et le rapport décevant pour l’emploi, qui sont tous arrivés après la dernière réunion, devraient diminuer la confiance de la Fed dans ses projections. Mais nous anticipons toujours une hausse des taux cette année, décembre est notre scénario de base. Les données, en particulier sur l’emploi, donneront le signal de la hausse des taux », selon BNP Paribas.
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