WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Macro-économie

Macro-économie / Taux
Macro-économie

Trump : des baisses d'impôts pour les Américains … et pour lui-même

Steven Mnuchin et Gary Cohn ont présenté les grandes lignes de la réforme fiscale, qui ramène de sept à trois les tranches d’impôts sur le revenu, et réduit le taux d’impôt sur les sociétés de 35% à 15%. Mais ce plan bénéficierait aussi aux plus riches, dont le Président lui-même.
Gary Cohn et Steven Mnuchin
Gary Cohn et Steven Mnuchin

« C’est un jour historique pour nous », « l’opportunité unique d’une génération ». Gary Cohn, directeur du conseil national économique, n’a pas hésité à manier les superlatifs pour présenter les grandes lignes de la réforme fiscale annoncée par Donald Trump, même si de nombreux importants détails manquaient encore. Ce dernier a d’emblée voulu souligner l’immense effort de simplification voulu par la nouvelle administration, et appelé les Démocrates à soutenir ce projet de loi qui sera « bon pour le peuple américain selon lui ». Cet appel a dès le départ semé le doute sur l’autofinancement de mesures certes très ambitieuses, mais qui devront générer un sursaut de croissance inédit et des économies majeures sur les niches fiscales pour ne pas creuser le déficit.

Premier volet : l’impôt sur le revenu. Gary Cohn a repris le discours populiste du Président, arguant que « les gens en ont assez de faire un chèque à Washington sans savoir ce qui en est fait ». Il a déploré la hausse des taxes et la complexité du système depuis la fin de l’ère Reagan (une référence symbolique pour le nouveau cabinet), chiffres à l’appui : il existe désormais 199 types de formulaires contre un seul à la fin des années 30. Dans le but de mettre fin à cet imbroglio administratif, le gouvernement a décidé de ramener le nombre de tranches de sept à trois : 10%, 25% et 35%, et d’exonérer de l’impôt les couples qui gagnent jusqu’à 24 000 dollars par an. Et de mentionner des incitations fiscales pour les dépenses de gardes d’enfants, sans aller davantage.

Deuxième volet, présenté par Steven Mnuchin : l’impôt sur les sociétés, « le plus compliqué et le moins compétitif au monde », a-t-il regretté. Le gouvernement souhaite réduire le taux de référence de 35% à 15% et selon un système « territorial », ce qui signifie que ce taux ne s’appliquerait que pour les revenus générés aux Etats-Unis. Il s’appliquerait également aux entrepreneurs, qui paient l’impôt sur le revenu actuellement. En revanche, le plan n’inclut pas la fameuse taxe à la frontière chère aux Républicains du Congrès, où les exportations des sociétés américaines seront davantage imposées. Là encore, les deux hommes n’ont pas souhaité en dire davantage, expliquant qu’ils travaillaient étroitement avec le Congrès. Ce qui est sûr, c’est que conformément à ses promesses, l’équipe de Donald Trump veut favoriser le rapatriement de centaines de milliards de dollars de profits détenus à l’étranger par les sociétés américaines, mais n’a pas détaillé le taux de cette amnistie fiscale.

Pour inciter les sociétés à investir, le secrétaire au Trésor a également indiqué souhaiter réduire drastiquement l’imposition sur les plus-values et les déductions d’intérêt, et notamment la taxe de 3,8% prélevée sur les revenus de l’investissement pour financer l’Obamacare. Toutes ces mesures seront également financées par la suppression de toutes les niches fiscales, hormis les donations associatives et la déduction des prêts immobiliers. Tout un programme ! Les deux conseillers s’en sont dits convaincus : l’économie américaine peut générer une croissance de 3% par an, et cet immense chantier fiscal pourra être autofinancé par ce sursaut de croissance (mais à partir de combien rentre-t-il dans ces frais ?) et l’élimination des niches fiscales.

Donald Trump aurait-il aussi un intérêt personnel à cette réforme ? C’est l’impertinente question posée par une journaliste après cette présentation, qui reprend des estimations selon lesquelles ces changements fiscaux auraient permis au Président d’économiser 31 millions de dollars sur ses impôts 2005 (les seuls qui ont été révélés). « Je ne peux pas vous répondre car je n’ai pas accès aux déclarations fiscale du Président », a répondu Steven Mnuchin. L’ensemble des Américains non plus, et c’est bien là leur problème.


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article