Private Equity / Private equity
Private Equity
Private equity
Webhelp, le bel exemple d’un LBO français réussi
Un nouveau LBO à plus d’un milliard d’euros en France d’ici la fin de l’année ? C’est ce qu’espère obtenir Charterhouse, propriétaire de Webhelp, qui l’a mis en vente et attend des premières offres de la part d’autres fonds de private equity d’ici à la fin de la semaine, selon Reuters. La valorisation basée sur son comparable cotée français, Téléperformance, pourrait atteindre près de 10 fois son Ebitda, soit plus du milliard d’euros. Pour une fois, pas de dual track en cours, de mise en concurrence entre les fonds, les industriels et la Bourse : le numéro trois européen des centres d’appels se porte très bien sous LBO et compte y rester.
Et cela, pour une simple et bonne raison : la société a une très bonne expérience du LBO, elle réussi à se développer pour prendre une taille critique en Europe grâce à l’appui successif de ses trois fonds actionnaires. En 2005, Barlcays Private Equity (devenu Equistone) mettait la main sur ce qui était à sa naissance un service d’assistance en ligne pour internautes, pour 87 millions d’euros. Il la diversifie dans plusieurs métiers de conseil et revend à Astorg Partners 18 mois plus tard pour 200 millions d’euros et l’année suivante, le groupe rachète le français EOS Contact Center et tisse sa toile dans l’Hexagone. Lorsque le groupe décide de se vendre à Charterhouse pour 300 millions d’euros en 2011, celui-ci accorde une enveloppe de 250 millions d’euros pour investir. En 2012, il double d’effectifs avec la reprise de la filiale britannique d’HEROtsc et passe à 16 500 collaborateurs répartis en France, au Maroc, en Algérie, en Roumanie et à Madagascar, entre autres. Tout récemment, en juin dernier, il a encore annoncé l’acquisition de deux sociétés européennes, représentant 80 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Aujourd’hui, Webhelp peut se targuer d’une position de choix dans un métier de coûts fixes, qui génère une confortable marge d’exploitation, autour des 20%. La société a franchi un cap en passant la barre des 500 millions d’euros de revenus en 2014, avec un an d’avance. Et annoncé un programme ambitieux : atteindre 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires à l'horizon 2020, ce qui le ferait passer devant son concurrent coté, Teleperformance, en Europe. Le groupe a su proposer différentes prestations de conseil en stratégie, services informatiques et centres d’appels à ses clients, notamment grâce à ses opérations de croissance externes financées par le LBO. « Ouvrir son capital donne de l'agilité. L'autofinancement seul bride la capacité d'acquisitions. Sans les fonds, nous n'en serions pas là », déclarait en juin dernier le cofondateur et coprésident Olivier Duha, lors de l’annonce de ses dernières emplettes.
Etant donné la qualité de ce dossier et l’accessibilité du financement à l’heure actuelle, les prétendants devraient se bousculer pour cet actif, même si la croissance devrait être ramenée à un niveau plus raisonnable de 5 à 10% par an dans les prochains exercices. Selon Dealogic, seul un LBO français à dix chiffres a été bouclé depuis le début de l’année : le rachat de Labco, candidat malheureux à un LBO en mai dernier et racheté par Cinven pour 1,2 milliard d’euros dans la foulée. Le précédent remonte assez loin, avec la vente de Sebia à Montague PE et Astorg Partners pour 1,4 milliard d’euros.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

