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Le LBO de Gérard Darel subit les affres de la mode

La marque de vêtements et accessoires, détenue sous LBO par Advent depuis 2008, vient d’entrer en redressement judiciaire. Ironie du sort, elle pourrait être reprise par un autre acteur français du retail détenu par un fonds, Sandro Maje.
Gérard Darel
Gérard Darel

« La mode, c’est ce qui se démode », disait Jean Cocteau, et la maison Gérard Darel, pourtant très réputée pour son sac 24 Heures, vient d’en faire l’amère expérience. La marque de vêtements et accessoires, qui avait été reprise à l’été 2008 par le fonds de private equity Advent, vient de tomber en redressement judiciaire, et une période d’observation de quatre mois s’ouvre pour trouver des repreneurs potentiels.

L’investisseur financier, rôdé à l’investissement dans le retail puisqu’il vient de vendre Douglas, la maison-mère de Nocibé, à CVC, et est aussi propriétaire de Party City aux Etats-Unis, avait pourtant fondé les meilleurs espoirs sur cet actif en croissance. Il avait mis 300 millions d’euros sur la table, dont 130 millions de dette, pour la reprendre à sa famille fondatrice, avec pour ambition de doubler les ventes dans les cinq ans. Las, la crise est venue frapper l’Europe juste après son entrée, et le groupe dont la majorité des ventes provient encore de France, a subi l’érosion de sa topline. La famille fondatrice est restée minoritaire et a gardé la main opérationnelle, et notamment la direction artistique.

A l’été 2013, la dégradation de la situation nécessite une augmentation de capital et Advent en profite pour réinjecter de la « new money » et prendre la main. Il nomme une nouvelle présidente et une directrice artistique en la personne de Brigitte Comazzi Duval, début 2014. Mais la société a déjà brisé ses covenants, et il faut retourner à la table des négociations avec les créanciers. Six mois plus tard, celles-ci permettent de repousser les 100 millions d’euros de dette senior et mezzanine de deux ans, à échéance 2017 et 2018.

La nouvelle direction artistique a lancé sa première collection cette année, avec pour égérie les deux chanteuses du groupe Brigitte, et le fonds Advent a mandaté Messier Maris pour organiser une sortie, mais le timing aura été trop court. Alors que les ventes se sont stabilisées autour de 200 millions d’euros, la société n’a pu honorer ses engagements et a choisi la voie du redressement judiciaire pour organiser une cession.

Ce cas de figure dénote avec le parcours jusqu’à présent très réussi de SMCP (Sandro Maje Claudie Pierlot), un autre LBO du retail français qui avait été repris par L Capital, le fonds de la famille Arnault, en 2010 avant de la revendre à KKR pour 11 fois son Ebitda au printemps 2013, après avoir vu ses revenus grimper de 40% et 30% en 2011 et 2012. Le groupe a certes misé sur une expansion accélérée à l’international et un grand nombre d’ouvertures de boutiques pour booster son chiffre d’affaires, et ainsi moins pâtir du marché français atone.

L’ironie du sort veut que cette participation soit aujourd’hui un candidat potentiel à la reprise partielle ou totale de Gérard Darel, parmi les marques IKKS, Armand Thierry ou encore l’investisseur Borletti, ancien propriétaire du Printemps. Ou encore L Capital, qui a misé sur la marque Ba&Sh en début d'année. Sans compter d’autres fonds de retournement, qui pourraient miser sur le renouveau artistique de la marque, une expansion internationale et le rebond de la consommation européenne.


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