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Macro-économie
La Banque mondiale revoit sa façon d'évaluer la richesse des nations
Le PIB n'est sans doute pas le meilleur indicateur pour évaluer la richesse réelle des Etats, et nombre de nouveaux outils ont été mis en place afin de donner un tableau plus précis de la situation économique des pays, dont le plus connu est l'IDH (indice de développement humain). La Banque mondiale vient justement de publier une étude où elle a tenté de son côté de donner une idée de la progression économique de 141 Etats entre 1995 et 2011, en se basant sur quatre indicateurs fondamentaux : le capital produit (infrastructures, machines, constructions...), le capital financier (position nette en avoirs étrangers), le capital humain (fondé sur une estimation de la valeur du salaire des travailleurs nationaux), et le capital naturel (les ressources minières et de l'agriculture).
Or, cette méthode de calcul souligne que le niveau de richesse par habitant a diminué dans 30 Etats depuis 1995, quand il a au contraire sensiblement progressé en Asie depuis 20 ans, notamment en raison d'une hausse de la production d'infrastructures en Chine et en Inde. L'Afrique subsaharienne a en revanche connu un recul du niveau de richesse par habitant, en partie à cause de la forte croissance du taux de natalité (c'est le cas de la République Démocratique du Congo par exemple).
Selon les auteurs de l'étude, ce type de calcul de la richesse, bien plus global que le seul PIB, pourrait permettre aux gouvernements de mieux adapter leurs politiques destinées à favoriser l'expansion économique de leurs pays. L'étude souligne en effet que les Etats qui utilisent leurs ressources naturelles à bon escient et investissent surtout dans le capital humain, sont ceux dont la richesse par habitant a progressé le plus rapidement. Et de citer le Vietnam et le Bangladesh.
Si un Etat au contraire gaspille ses ressources et mise uniquement sur la consommation, la richesse par habitant a tendance à décroître, même si le PIB progresse dans le même temps. C'est notamment le cas du Nigeria, qui n'a pas su profiter de la hausse des prix du pétrole (avant 2014), l'une des principales ressources du pays, pour améliorer ses infrastructures. Côté européen, la Grèce a connu une baisse de sa richesse par habitant depuis 1995, en grande partie en raison de la détérioration de sa position nette en avoirs étrangers et de la très forte hausse du chômage.
L'étude met enfin en lumière le fait qu'au fur et à mesure du développement économique des Etats, la part que représente le capital naturel tend à diminuer dans la richesse totale du pays : dans les Etats les plus riches de l'OCDE, le capital naturel ne représente que 3% de la richesse globale du pays, contre 47% dans les pays les plus pauvres. Plus un pays se développe, plus il transforme le fruit de ses ressources minières et agricoles en infrastructures, écoles hôpitaux et routes.
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