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PAI Partners, l’appétit insatiable du LBO
Aux acteurs du private equity qui estiment que le marché français ne présente que peu d’opportunités d’investissement en ce moment, PAI Partners assène une leçon, avec l’annonce de quatre deals en à peine plus de deux mois. Certes, le fonds dirigé par Lionel Zinsou (photo ci-contre) dispose d’un trésor de guerre tout frais, puisqu’il a bouclé le premier closing de son fonds PAI Europe VI en début d’année, à 1,4 milliard d’euros, et en vise le double.
Il faut dire que les Limited Partners ont eu largement des motifs de satisfaction dans les derniers mois. Tout d’abord, avec la cession d’un bloc de 9% dans Atos en novembre dernier, au prix de 61,25 euros par action. Pour rappel, l’investisseur était entré chez le groupe de services informatiques en novembre 2008 et avait acquis près de 18% du capital à 39 euros par titre, soit une confortable plus-value. Les équipes de PAI Partners, alors emmenées par Dominique Mégret et Bertrand Meunier, ont su patienter pendant la crise, qui a vu le cours tomber à 15 euros fin 2008, et attendre un retour à meilleure fortune sous le règne de Thierry Breton.
Autre sortie exemplaire, celle du groupe suisse de duty free et commerce aéroportuaire Nuance, dont PAI Partners avait pris 50% pour 676 millions de francs suisses (500 millions d’euros), et qu’il a revendu trois ans et demi plus tard pour 752 millions de francs suisses (617 millions d’euros). Ces deux cessions récentes, mais aussi l’IPO du danois Chris Hansen à la Bourse de Copenhague en 2010, une des premières sorties LBO en Bourse post-crise, ont contribué à rassurer les LPs sur la pérennité du track record de l’équipe.
PAI Partners a donc pu compléter cette première levée depuis la « saga » de l’été 2009, lorsque les deux dirigeants avaient dû quitter le groupe, ce qui avait déclenché la keyman clause et la division par deux de la taille du fonds lors de sa renégociation. Le fonds n’a pas chômé depuis le début de l’année, c’est un euphémisme. Il est sur tous les fronts, tous les secteurs et tous les types d’opérations. Tout d’abord il a emporté début avril, aux côtés de Carlyle, CST, un carve-out de Schneider Electric dans la production de capteurs critiques, après trois ans d’efforts. Un exemple de cession de filiale périphérique par des industriels en plein recentrage, qui était beaucoup attendue par le private equity en Europe mais ne s’est pas tant matérialisé que cela.
Ensuite, le fonds a créé la surprise en rachetant EMG, un prestataire de services audiovisuels, aux côté des Banijay Holdings, la holding de Stéphane Courbit. Il se positionne ainsi sur un secteur qu’il n’avait pas abordé depuis son investissement dans UGC en…1986 !
Les deux dernières annonces sont en revanche sur des secteurs que PAI Partners connaît bien et affectionne : le numéro trois français des maisons de retraite, DomusVi, qu’il a valorisé plus de 600 millions d’euros soit environ 10 fois son résultat d’exploitation, en plein mouvement de consolidation du marché dans l’Hexagone. Pour cette opération classique du LBO, il a damé le pion à ses concurrents que sont Charterhouse, ICG et Antin IP.
Enfin, il a bénéficié de sa réputation dans l’agroalimentaire, notamment grâce au succès incontestable de son alliance avec Sodiaal sur Yoplait (vendu à General Mills en 2011), pour remporter le deal Labeyrie. Il rachèterait ainsi la part de LBO France, qui signe un rendement de 25% dans ce deal, et une partie de l’industriel Lur Berri pour prendre la moitié des parts à ses côtés. Le spécialiste du foie gras serait valorisé environ 500 millions d’euros.
Si l’on ajoute ces deux exclusivités aux 400 millions d’euros déjà investis par PAI Partners depuis janvier, cela fait déjà 400 millions d’euros d'equity dépensés au titre du fonds VI. Les équipes de Michel Paris, directeur général, devraient donc redoubler d’efforts pour boucler un deuxième closing dans les prochains mois et avoir les moyens de leurs ambitions. Les sorties récentes seront probablement un argument supplémentaire pour convaincre les investisseurs que la page Mégret-Meunier est belle et bien tournée.
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