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Professions financières / Corporate finance

Professions financières
Corporate finance

Les parrains de la Toile

Niel, Simoncini, Kosciusko-Morizet... Les fonds d'entrepreneurs ont vu le jour en 2010 en France. Une belle façon de booster le développement des pépites Internet grâce au réseau.
Le tour de table que vient de boucler Restopolitan, un site de réservation de restaurants en ligne qui a reçu 1 millions d'euros de trois grands noms de l'Internet, montre bien la volonté de ces entrepreneurs des années 2000 de promouvoir la nouvelle génération. Forts de leurs success stories dans l'Internet, ils ont lancé un nouveau modèle d'investissement: les fonds d'entrepreneurs. Marc Simoncini (fondateur de Meetic), Xavier Niel (Free) et Jacques-Antoine Granjon (Vente-Privée.com) d'un côté avec Jaïna Capital, Geoffroy Roux de Bézieux (The PhoneHouse) et Pierre Kosciusko-Morizet (Price Minister) de l'autre, ils ont créé à quelques mois d'intervalle Jaïna Capital et Isai Gestion, deux fonds rassemblant une communauté d'icônes du Web. Du côté d'Isai, l'idée est de se positionner à une étape précise dans la vie d'une start-up du Net et pour ce faire, il a levé 35 millions d'euros en avril 2010. "Les fondateurs d'Isai avaient envisagé de créer un produit fiscal basé sur la loi Tepa, mais, en raison de l'instabilité fiscale de notre pays, nous avons finalement opté pour une solution plus pérenne, avec un FCPR souscrit à la fois par des entrepreneurs et des d'institutionnels", relate Jean-David Chamboredon, ancien de 3i et président d'Isai Gestion. Une première dans l'industrie du venture. Ce succès dans la collecte dénote avec le débat actuel autour du désamour des investisseurs pour le capital-risque, jugé trop peu rémunérateur. A l'instar des leaders du marché comme Sofinnova, Isai Gestion semble avoir bénéficié de la notoriété de ses géniteurs et de leurs success stories. Surtout, son positionnement est unique. Isai Gestion, qui a déjà signé 3 dossiers, intervient après la phase "business angels" mais avant les fonds de capital-risque, en mettant un ticket de 500 000 à 1,5 million d'euros. Et la demande est au rendez-vous: 600 dossiers reçus entre avril et décembre 2010. Mais "80% des projets ne rentrent pas dans notre mandat souvent parce qu'ils sont trop jeunes et ne connaissent pas encore la traction justifiant un investissement de notre part", précise Jean-David Chamboredon. Isai Gestion ne se base pas sur des revenus ou une fréquentation minimums, mais s'attache à la pertinence du business model et réclame des sociétés aux besoins capitalistiques modérés. Une fois entrés dans le club, les jeunes pousses bénéficient des conseils stratégiques et commerciaux de ces grands noms de l'Internet, mais surtout de la force de leur réseau. Un atout de taille pour percer dans la communauté virtuelle et atteindre une taille critique. En tant que coach de jeunes entrepreneurs, ces nouveaux fonds n'ont cependant pas vocation à les couver trop longtemps, et cèderont leur place au bout de 5 à 7 ans, comme un actionnaire classique. A un industriel du secteur, ou éventuellement dans le cadre d'un LBO. Mais au final, il reste bien difficile de garder une pépite du Net dans le Vieux Continent. Ce n'est pas Pierre Kosciusko-Morizet, qui a revendu Price Minister au japonais Rakutan en juin dernier, qui dira le contraire.
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