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Trump redonne des couleurs à l'or
Le métal précieux reprend des couleurs. L’élection de Donald Trump en novembre dernier avait pourtant provoqué un renchérissement du dollar : entre le 3 novembre et son point culminant face à l’euro atteint pendant les fêtes de fin d’année, la monnaie américaine a progressé de 6% grâce à des anticipations économiques très positives. Certains analystes tablent, par exemple, sur une croissance de 5% à un horizon de 18 mois et une remontée des taux à 3,5% d’ici à la fin 2017. C’est le cas de Lieven Jacobs, directeur de la gestion de Quilvest Asset Management : “les capacités de production aux Etats-Unis ont vieilli. L’environnement pro-croissance souhaité par Donald Trump, entre dépenses budgétaires, baisses d’impôts et investissements dans les infrastructures devrait être favorable à l’activité des entreprises et au renouvellement de leurs capacités”.
D’où la désaffection pour l’or, qui dans le même temps a perdu un peu plus de 12%. Sauf que début janvier, tout a basculé à mesure que l’investiture du nouveau président approchait. Son entrée à la Maison blanche n’a pas stoppé le mouvement. Ainsi, le dollar a perdu 4% en un mois. “Il semble que les marchés commencent à nourrir quelques inquiétudes vis-à-vis du 45ème président des Etats-Unis, commente Arnaud du Plessis gérant actions et spécialiste de l’or et des ressources naturelles chez CPR AM. Pourtant, Barack Obama ne nous avait-il pas prévenus ? Trump fait exactement ce qu’il a dit qu’il ferait”. Si les marchés ne doutent pas que Trump mette en place des mesures protectionnistes, ils sont moins certains, en revanche, qu’il puisse appliquer son “Repatriation Act”.
Peu imaginent, en tout cas, qu’il signe le décret pour une amnistie fiscale pour les entreprises américaines qui décideraient de rapatrier leurs activités aux Etats-Unis. Et puis, “d'une manière non traditionnelle, les responsables des États-Unis, y compris le président lui-même, ont répété à maintes reprises que le dollar était surévalué”, souligne Hussein Sayed, responsable de la stratégie chez FXTM. Il n’en faut pas plus pour que l'or reparte à la hausse : “les cours de métal jaune (en dollar) ont rebondi de 5,5% en janvier, le meilleur mois depuis juin dernier, après 6 mois de passage à vide”, observe Arnaud du Plessis. Une situation étonnante car les marchés semblaient “avoir entériné le fait que l’on est passé d’un monde d’argent gratuit à un monde… d’argent pas cher,” souligne OFI Asset Management. Or, cette remontée des taux devait être un handicap pour l’or. Tel n’est pas le cas pour le moment. “Merci M.Trump”, lance le gérant de CPR AM.
Cependant, les inquiétudes autour de Donald Trump n’expliquent pas tout. “L’essentiel des positions spéculatives ayant été liquidé, les relais pour une baisse des marchés semblent désormais limités”, estime-t-on chez OFI AM. Et structurellement, la demande d’or pourrait être plus élevée en 2017. “La demande bijoutière, qui a en effet touché un point bas depuis 1988 l’année dernière avec seulement près de 1.730 tonnes, devrait se redresser cette année et apporter ainsi son soutien", analyse Arnaud du Plessis. Les importations d’or en Inde (498 tonnes en 2016), en baisse de 45% par rapport à 2015, devraient nettement repartir à partir du deuxième semestre de cette année, soutenues par la baisse attendue des taxes à l’importation. Mais le niveau global de demande devrait être plus mesuré que lors des meilleures années, car en Chine, au contraire de l’Inde, les perspectives 2017 ne permettent pas d’anticiper une réelle inversion de tendance, en raison notamment d’un environnement économique assez fragile.
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