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BNP Paribas muscle sa banque privée
Vous avez dit consolidation ? François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, en rêvait, BNP Paribas le fait ! La banque dirigée par Jean-Laurent Bonnafé annonce en effet ce matin une opération de croissance externe dans le domaine de la banque privée et l’assurance : sa division luxembourgeoise s’apprête à acquérir ABN Amro Bank Luxembourg et sa filiale à 100% ABN Amro Life. Entité entièrement dédiée à la banque privée et à l’assurance pour un total de 8,3 milliards d’euros d’encours sous gestion (dont 5,6 milliards pour la banque et 2,7 milliards pour l’assurance). Opération dont le closing, si tout se passe bien, devrait intervenir dans le courant du troisième trimestre 2018.
De la bouche même du responsable d’ABN Amro Bank Luxembourg, Pieter Van Mierlo, ce deal était inévitable dans le contexte actuel où, plus que jamais, l’effet taille est primordial. « Au Luxembourg, nous ne sommes pas en mesure d’acquérir cette taille critique. Nous considérons dès lors que le transfert de nos activités de banque privée et d’assurance au Luxembourg vers BGL BNP Paribas est entièrement dans l’intérêt de nos clients », assure-t-il.
Le groupe BNP Paribas, de son côté, en profite pour renforcer sa présence sur ce segment de la banque privée aujourd’hui en forte croissance. « Cette acquisition s’inscrit dans notre stratégie de croissance et nous permet de renforcer notre activité au Luxembourg et sur le marché global de la banque privée qui est en pleine expansion. Première banque privée de la zone euro, BNP Paribas Wealth Management est aussi un acteur majeur à l'international avec 364 milliards d'euros d'actifs sous gestion », précise Vincent Lecomte, co-CEO de BNP Paribas Wealth Management.
De quoi alimenter le palmarès des opérations de consolidation pan-européennes en passe, selon les experts, de s'allonger ces prochains mois. Et ce deal est d’ailleurs assez révélateur de ceux que l’on devrait voir fleurir à court terme puisqu’il prend la forme de l’acquisition d’une activité spécifique, sur une zone bien déterminée. Les achats de groupes bancaires globaux ne semblent, en effet, pas concernés par les mouvements à venir et surtout ceux à la tête d’importants réseaux d’agences. La stratégie des établissements à la manœuvre est bien plutôt celle de l’acquisition de compétences et de segments pointus, susceptibles d’accroître significativement leur taille à l’échelle européenne et d'améliorer leur approche client.
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