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La Grèce a touché 216 milliards de l'Europe depuis 2010

Le mécanisme européen de stabilité a finalement déboursé les 2,8 milliards d'euros restants de la seconde tranche du 3ème programme d'aide à la Grèce. Le pays a reçu près de 32 milliards du MES depuis le début du troisième plan en août 2015, et près de 216 milliards des Etats européens depuis 2010, via des prêts bilatéraux tout d'abord, puis via les deux fonds créés pour l'occasion (FESF puis MES).
Grèce - drapeau - port - mer
Grèce - drapeau - port - mer

La Grèce finit toujours pas toucher son dû ! Le mécanisme européen de stabilité (MES) a fini par débloquer le solde restant de la seconde tranche d'aide du troisième programme d'aide à la Grèce, soit 2,8 milliards d'euros. Le MES, dont le conseil d'administration se réunissait hier a annoncé la nouvelle ce matin, au soulagement de Tspiras qui n'avait pas reçu le feu vert initial des européens début octobre. Distribués au compte goutte en fonction de l'avancée des réformes réalisées par le pays et du succès des revues menées par la Troïka, ces tranches sont censées permettre au pays de se refinancer. Une grande partie est en réalité destinée au remboursement de précédents emprunts... Ainsi, sur les 2,8 milliards déboursés cet automne, 1,1 milliard seront destinés au paiement du service de la dette grecque et 1,7 milliard serviront à financer les arriérés de paiement du pays.

Il faut dire que depuis le début de la "crise grecque" en 2010, le pays a perçu dans un premier temps pour 53 milliards d'euros de prêts bilatéraux des Etats, puis pour 131,3 milliards dans le cadre du second programme de sauvetage entre mars 2012 et juin 2015 via le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et pour 31,7 milliards enfin du MES depuis août 2015 et la mise en place d'un troisième plan d'aide. Prêts sur lesquels le pays est bien obligé de payer des intérêts, même réduits.

En août 2018, lorsque le troisième programme, de 86 milliards d'euros au total, sera officiellement terminé, la république hellénique aura donc reçu 270 milliards d'euros de la part de l'Europe (et ce, sans compter la participation du FMI lors des premier et second programmes, ni les prêts de la BCE). On comprend donc la prudence des Etats à prêter et leur volonté que les conditions décidées lors du 3ème accord de juillet 2015 soient strictement respectées.

Les prêts accordés depuis août 2015 sont cependant suffisamment longs pour ne pas mettre le couteau sous la gorge du pays. Selon le site du MES, leur maturité moyenne depuis un peu plus d'un an est de 32 ans, assortie de taux d'intérêt relativement bas, autour de 1%. Il reste que les conditions exigées par l'Europe, fondées sur la restauration de la soutenabilité fiscale du pays, de la stabilité financière, du retour de la croissance et de la modernisation de l'administration grecque ne se feront pas du jour au lendemain. Et certains objectifs sont peu réalistes aux yeux de la plupart des analystes. Ainsi, selon les équipes de Fitch, le rétablissement d'un excédent primaire de 1,75% du PIB l'an prochain et de 3,5% du PIB en 2018 est quasiment impossible, malgré une croissance qui devrait atteindre 1,8% en 2017, d'après les prévisions de l'agence.

Il est cependant peu probable que l'Eurogroupe assouplisse les conditions exigées dans le Memorandum. En contrepartie de ces efforts, le gouvernement Tsipras devrait demander de nouvelles discussions concernant la restructuration de sa dette, sans doute l'an prochain, pour avoir un peu plus de marge de manoeuvre dans la gestion de son budget et prouver à ses électeurs que des efforts sont consentis des deux côtés...L'Allemagne ne veut pour le moment pas en entendre parler, estimant que le pays a déjà obtenu une importante restructuration en mars 2012 lors du PSI (private sector involvment), où la valeur de 97% de la dette hellène a été réduite de 53,5%...

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