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Professions financières / Corporate finance

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Private equity: les grands de ce monde font carton plein

Les levées de fonds ont grimpé de 30% à 186 milliards de dollars au premier semestre, dont plus de la moitié par dix maisons stars. La concentration des capitaux fait craindre les dérives pré-crise.
Ils avaient pourtant juré qu'on ne les y reprendrait plus. Mais portés par des performances record et surtout la fidélité de Limited Partners plus enclins à limiter leurs relations, les poids lourds mondiaux du private equity ont rempli leur besace en ce début d'année. Selon Private Equity International, les fonds de capital investissement ont collecté 186,1 milliards de dollars auprès de leurs investisseurs au premier semestre 2013, soit une hausse de 30% sur un an. Le nombre de sociétés de gestion a peu augmenté (190 contre 176), si bien que la collecte moyenne a grimpé à 642 millions de dollars, le plus haut niveau depuis la crise. Et les gérants qui font carton plein ne sont pas des nouveaux venus, loin de là: Warburg Pincus décroche la palme avec 11,2 milliards de dollars récoltés pour son onzième fonds, Silver Lake a obtenu 10,3 milliards de dollars notamment pour appuyer son offre sur Dell aux côtés du fondateur et Apollo a bouclé un premier closing à 6,8 milliards de dollars. CVC, qui a fixé son hard cap à 10,5 milliards d'euros, l'aurait déjà atteint en moins de six mois, selon les rumeurs. Idem pour Carlyle et KKR, qui auraient déjà levé 9,4 milliards et 7,5 milliards de dollars, alors que leur appel aux investisseurs commence seulement. Les européens en levée ont de leur côté eu plus de difficultés à sortir du lot ces derniers mois, car si Cinven a réussi à lever 5 milliards d'euros, Permira a dû s'arrêter à un fonds de 2,2 milliards d'euros, contre 11,1 milliards pour le précédent en 2006! Le camouflet est également sévère pour Apax Partners, qui n'a réussi à collecter que 5,8 milliards d'euros en deux ans de roadshows, contre 11,2 milliards six ans plus tôt, pendant l'âge d'or du métier. Certains n'auront même pas cette chance et ont d'ores et déjà renoncé à la levée d'un fonds global: Duke Street, qui vient d'ouvrir son capital à Tikehau, ou encore Terra Firma depuis son échec cuisant et médiatique sur EMI, auquel vient s'ajouter l'IPO avorté de Deutsche Annington avant-hier. Le britannique 3i a choisi pour le moment le modèle du deal-by-deal, qui consiste à aller chercher un sponsor pour chaque opération, tandis que Candover et Cognetas ne se concentrent désormais plus que sur la liquidation de leurs portefeuilles existants. Certes, les flux de capitaux répondent à une logique de rendement, les quelques fonds les plus performants remportant les suffrages des LPs. Comme l'a montré l'étude Afic pour la France, réalisée avec E&Y et Thomson Reuters, le premier quartile des fonds affiche un TRI historique moyen de 18,7% à fin 2012, puis 2,7% dès le deuxième quartile, la dernière moitié affichant des rendements négatifs. Et les Limited Partners sont très clairs dans leur démarche: selon une enquête menée en mai dernier, 93% d'entre eux comptent augmenter ou maintenir leur allocation à la classe d'actifs, et un tiers compte réduire le nombre de GPs qu'ils abondent. Mais cette tendance pourrait nous ramener, à plus petite échelle, aux excès du private equity pré-Lehman Brothers. Cette époque où les gérants amassaient des dizaines de milliards sur lesquels ils touchaient de généreuses rémunérations (2% de la taille du fonds par an), ce qui les incitait à jouer toujours plus gros, en y adossant en outre une dette colossale pour bénéficier de l'effet de levier. Un montage qui s'est retourné contre eux dès que l'activité s'est retournée. Toutes ces dérives ont été mises à jour, mais le retour d'opérations géantes aux Etats-Unis, comme celle de Dell, montre que la mémoire humaine sait rester courte dès qu'il s'agit d'argent.
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