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Delachaux : solution en forme de queue de poisson

C'est une très mauvaise nouvelle pour la Bourse de Paris et une excellente pour le marché du private equity : CVC, l'actionnaire de Delachaux a finalement préféré une offre de la Caisse des Dépôts du Québec. Entre des investisseurs certainement pas prêts à toucher le haut de la fourchette dans le cadre de l'IPO et une société d'investissement prête à mettre le prix, l'hésitation a été de courte durée.
Delachaux
Delachaux

Ce n’est pas cette histoire en forme de queue de poisson qui va redonner le goût de la Bourse aux entreprises ! On apprend ce matin que Delachaux, après avoir fait les yeux doux aux investisseurs boursiers en vue de son retour en Bourse après en être sortie il y a 7 ans, renonçait finalement à son IPO. Et ce, après avoir fait savoir hier que le carnet d’ordres était entièrement souscrit à la veille de la clôture du « book ». On osait déjà crier victoire en pensant que pour la première fois depuis le début de l’année une opération à plus de 100 millions d’euros allait enfin aboutir. Mais patatras, la société de capital-investissement CVC Partners déclare ce matin avoir finalement choisi de vendre ses parts (50,5% du capital du groupe de solutions industrielles) à la Caisse des Dépôts du Québec. Tout en assurant que cette transaction n’intervenait pas dans le cadre d’un « dual track ».

Permettons-nous quand même d’en douter. Manifestement, CVC Partners voyant que la cession de son bloc se réalisait dans le bas de la fourchette a préféré l’offre, très certainement plus généreuse, de l’entreprise d’investissement canadienne. Dans le cadre de l’offre préparée par les banquiers conseils de Delachaux et de CVC, ce dernier pouvait récupérer entre 330 et 600 millions d’euros de la cession de ses parts. Les investisseurs ont, très certainement, accepté de répondre présents mais plutôt dans le bas de la fourchette. D’où la décision du vendeur. Ce dont on ne peut pas le blâmer. Mais qui met en lumière l’importante dichotomie actuelle entre un marché boursier frileux et avare de ses capitaux et un marché du private equity regorgeant de liquidités et prêt à tout pour emporter de belles opportunités.

Ce qui ne fait donc, une fois de plus, pas les affaires de la Bourse de Paris, cantonnée depuis le début 2018 à des IPO de petite taille. Triste constat alors que la veille, Euronext se félicitait de la plus importante introduction d’une licorne de la tech à la Bourse d’Amsterdam, depuis 5 ans. Adyen, société spécialisée dans les moyens de paiement a effectivement réussi brillamment son IPO puisqu’elle a levé quasiment 900 millions d’euros, se permettant de voir son titre pratiquement doubler pour son premier jour de cotation. Du coup, sa capitalisation boursière a bondi à 14 milliards d’euros !

Le marché des IPO ne semble décidément pas vouloir se reprendre à Paris. Les exemples de Novares, Autodis et Delachaux devraient ainsi refroidir assez durablement tous les candidats à une introduction qui pensaient se dévoiler sur la seconde partie de 2018. Pour la plus grande satisfaction des spécialistes du private equity.

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