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Politique monétaire
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Le sommet de Jackson Hole, futur coup d'épée dans l'eau

Si le symposium des banques centrales est toujours surveillé de près par les marchés, qui espèrent des annonces sur les futures décisions de politique monétaire, celui de demain risque surtout de prolonger la paralysie de la Fed,  tandis que l'absence de Mario Draghi devrait empêcher les autres représentants de la BCE de se mouiller outre mesure.
Jackson Hole
Jackson Hole

Ces dernières années, les sommets de Jackson Hole ont souvent été l'occasion d'annonces importantes de la part des grands argentiers mondiaux, et ces rendez-vous au sommet sont donc suivis de près par l'ensemble de la planète financière, dans un univers où la politique monétaire joue désormais une place prépondérante auprès des investisseurs et marchés. En 2012 déjà, l'ex président de la Fed, Ben Bernanke avait profité du symposium du Wyoming pour annoncer le QE3 tandis que Mario Draghi y révélait deux ans plus tard le lancement d'un programme de rachat de titres à grande échelle.

Il est cependant peu probable cette année, que les banques centrales se dévoilent, alors que le FOMC se réunira deux semaines plus tard seulement et que Mario Draghi ne sera pas présent. "Nous ne pensons pas que les présidents de banques centrales prononceront des discours capables de faire bouger les marchés (...) et le sommet devrait surtout se concentrer sur des problématiques monétaires de long terme", expliquent ainsi les experts de Capital Economics. Le thème de la rencontre porte d'ailleurs sur la façon dont les banques centrales peuvent mettre en place des politiques efficaces pour le futur, face à des changements structurels touchant la croissance potentielle ou la dynamique d'inflation ("Designing Resilient Monetary Polici Framework for the Future"), ce qui laisse présager de discussions assez éloignées des préoccupations de court terme des marchés lors des deux jours de sommet : "le thème est académique et l'on ne doit pas attendre un 'big bang' du cadre d'analyse ou de la politique de la Fed ", explique ainsi Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo.

Pourtant, la Fed semble avoir toutes les cartes en main pour franchir sereinement un nouveau cap dans le processus de normalisation monétaire. Certes, jusqu'ici le statut quo a prévalu et après une première hausse des taux en décembre 2015, la Fed a privilégié une attente prudente au cours des réunions de politique monétaire qui ont suivi. Malgré une dynamique plutôt robuste, Janet Yellen a justifié son inaction par l'influence des risques macroéconomiques et politiques extérieurs, à l'image du vote britannique du 23 juin, mais également par des chiffres de l'emploi un peu plus décevants que prévu. "Les conditions économiques sont favorables aux Etats-Unis et justifient pleinement une nouvelle hausse des Fed funds de 25 points de base, dès le comité monétaire du 21 septembre", explique pourtant Lieven Jacobs directeur de la gestion chez Quilvest AM. Et de citer une croissance économique robuste, des tensions salariales clairement identifiées, le recul du chômage en deçà de 5% et l'amélioration des taux de participation à l'emploi, qui devraient permettre une augmentation des revenus disponibles et ainsi consolider la consommation des ménages. "C'est le bon moment pour acter la poursuite du resserrement monétaire", assure le gérant.

Malheureusement, il est fort peu probable que Janet Yellen décide d'une hausse des taux dès le mois de septembre. La probabilité implicite du marché des futures est qu'il y a 20% de chance seulement d'une hausse des taux en septembre, et un peu moins de 50% pour décembre, selon les experts de Capital Economics. "Le discours de Jant Yellen risque de prolonger la paralysie monétaire de la Fed en écartant une hausse des taux en septembre", explique ainsi Bruno Cavalier. Selon lui, l'attentisme de la Fed s'explique surtout par "une approche court-termiste, inertielle et complètement centrée sur l'inflation". En somme, tant que la cible des 2% ne sera pas atteinte, la politique de la Fed risque de rester gelée, estime l'économiste. Selon lui, le risque pour la Fed est ce qu'il adviendra ensuite : si les "colombes" (doves) affirment qu'il sera très facile de remonter les taux pour freiner une éventuelle accélération de l'inflation, il est en revanche difficile d'envisager les mesures que pourrait prendre la Fed en cas de nouveau ralentissement ou choc de croissance, les taux étant presqu'au plus bas...

Du côté européen, la Banque d'Angleterre a clairement exposé son intention de poursuivre sa politique de soutien à l'économie post Brexit, après avoir annoncé début août une baisse des taux supplémentaire et un programme de rachat de titres. La BCE de son côté, attendait que la BoE dévoile ses intentions pour décider ou non de prolonger son propre QE de six mois, ce qu'elle pourrait annoncer dès le mois de septembre. Mais elle ne devrait pas faire de pré annonce lors du symposium, où son président ne sera pas présent, et alors que sa prochaine réunion des gouverneurs aura lieu quelques jours plus tard seulement, le 8 septembre prochain.

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