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Euronext en marche pour participer à la consolidation de demain
Maintenant que le rapprochement entre les places de Londres et de Francfort a capoté, Euronext peut à nouveau penser un peu plus à elle et sa façon de se déployer. La plateforme paneuropéenne n’a d’ailleurs pas tardé à dégainer puisqu’elle annonce aujourd’hui une longue série de mesures susceptibles de lui donner une nouvelle dimension et d’irradier différemment sur le Vieux Continent. « Après nous être attelés à la reconstitution d'un groupe indépendant et européen, puis avoir élaboré une nouvelle stratégie de croissance, il était devenu urgent de moderniser l’identité et les marques d’Euronext pour rompre avec la fragmentation héritée du passé. Notre groupe a besoin d’une identité cohérente. Nous devons être perçu comme le marché paneuropéen du financement des PME, et ce, aussi bien sur nos marchés historiques que sur d'autres marchés européens avec lesquels nous développons des relations commerciales de plus en plus nourries avec les entreprises de croissance, comme à Zurich, Francfort, Munich, Milan et Madrid », explique à WanSquare Stéphane Boujnah, le patron d’Euronext.
Pour simplifier l’identité de la plateforme, il a donc été décidé de renommer les différents compartiments de la cote sous une marque unique. L’ancien Marché Libre (qui vient déjà de subir un sérieux toilettage) prendra le nom- à compter du 19 juin - d’Euronext Access. Alternext, de son côté, se transforme en Euronext Growth alors que la plateforme envisage de demander l’enregistrement de ce marché en tant que « SME Growth Market », label européen créé dans le cadre de Mifid II. La dénomination des compartiments A, B et C pour différencier la taille des entreprises demeurera, en revanche, inchangée.
Innovation symptomatique : un nouveau compartiment va parallèlement voir le jour : Euronext Access+, destiné aux start-up et aux PME en croissance. Ce marché sera un tremplin pour permettre aux jeunes recrues de se familiariser avec les bonnes pratiques de la Bourse tout en bénéficiant d’un accompagnement professionnel. C’était, rappelons-le, la mission initiale du Hors Cote, devenu le Marché Libre, lorsqu’il a été créé voici bien longtemps. Il a malheureusement accepté en son sein des entreprises qui n’avaient rien à y faire et qui voulaient plus que tout rester dans l’ombre, soit un objectif dorénavant incompatible avec les missions dévolues aux sociétés cotées. Pour intégrer Euronext Access+, il faudra, au contraire, montrer pattes blanches avec un historique minimum de 2 années de comptes, dont la dernière année de comptes audités ; un capital flottant minimum d’1 million d’euros ; être accompagné obligatoirement par un listing sponsor (auquel Euronext entend donner un poids plus important dorénavant) dès la phase d’introduction et des engagements de communication régulière au marché.
De même, plusieurs mesures vont-elles faciliter la cotation des PME, avec l’introduction d’un « modèle de marché dédié aux valeurs moyennes ». Objectif principal : harmoniser des transactions qui ne le sont pas toujours (notamment dans le cadre du double fixing quotidien et de la gestion du carnet d’ordres) et permettre à ces acteurs de bénéficier d’un marché de blocs efficace et efficient (Euronext Block).
« Nous avons l’ambition de devenir le Nasdaq européen. Pour cela, nous devons plus que jamais être en mesure d’attirer les talents et les pépites de demain. Nous avons déjà commencé à atteindre cet objectif avec différentes initiatives orientées vers les entreprises technologiques, particulièrement dans les biotechs, et les sociétés familiales. Nous sommes devenus le marché de référence des PME en Europe. Nous devons amplifier ce mouvement. C’est en simplifiant et en clarifiant les règles de fonctionnement de nos marchés, en harmonisant l'identité de nos marques et en intensifiant nos efforts commerciaux que nous y parviendrons plus facilement », analyse Stéphane Boujnah qui reconnaît que pour réussir, il lui faudra l’appui d’autres intervenants comme celui des asset managers mais aussi des analystes pour développer des capacités de recherche plus intenses autour des PME européennes.
« Clairement, nous n’avons pas vocation à rester une petite entreprise de 3,3 milliards d’euros de capitalisation boursière. Notre modèle fédéral ouvert nous permet d’être l’une des plus rentables du secteur et de croître tout en préservant l’identité de chacun de nos marchés. Nous sommes unis dans la diversité. Nous nous mettons aujourd’hui en ordre de marche pour participer à la consolidation de demain », assure enfin le numéro un d’Euronext.
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