WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Macro-économie

Macro-économie / Taux
Macro-économie

Economie mondiale : apprendre à vivre dans un monde de moins en moins prévisible

2016 a montré que l’improbable était possible : Brexit, Trump... Les convictions et les certitudes des investisseurs ont été balayées. A présent, ils se font une raison : 2017 apportera son lot de surprises sans que cela soit la fin du monde.
petrole dollar
petrole dollar

L’efficience de l’information. Cette règle d’or sur les marchés implique un haut niveau de visibilité, encore faut-il bien observer et analyser. A ce titre, l’année 2016 est riche d’enseignements. “Les signes cliniques ont été mésestimés, reconnaissent les économistes du Crédit Agricole. Déclassement économique, social voire culturel, exclusion avérée ou ressentie, peur de la globalisation, repli identitaire, rejet des élites. Des craintes exacerbées par les troubles géopolitiques et la montée du terrorisme dans des économies qui portent encore les stigmates douloureux de la crise de 2008. La maladie a fini par se déclarer dans le monde occidental sous deux formes aussi violentes qu’inattendues : le Brexit, suivi de l’élection de Donald Trump.” Ces deux événements majeurs ont donc plongé l’économie mondiale et les marchés dans un niveau d’incertitudes jamais égalé semble-t-il.

Ce seuil d’incertitudes élevé n’est pourtant pas nouveau. “Depuis 15 ans, nous vivons dans un monde de moins en moins prévisible”, souligne ainsi Marielle de Jong, responsable de la recherche quantitative sur les marchés obligataires chez Amundi. Et pour 2017, cela ne semble pas s’estomper. “Les risques géopolitiques, politiques et économiques sont évidemment multiples et multiformes. Isoler ceux dont la matérialisation nous paraît la plus patente n’est pas aisé. Au sein d’événements politiques anxiogènes, il faut tenter d’extraire les risques les plus susceptibles d’impacter significativement notre scénario économique en se gardant de prédire, car c’est commode, la fin du monde.”

Plus que jamais les investisseurs se retrouvent donc sans boussole et se trouvent bien mal en point pour prédire ce que sera 2017 : “Il n’est pas aisé d’harmoniser le temps long du politique et celui plus bref d’un scénario économique, reconnaissent les économistes de la banque verte. L'enchaînement des crises de ces dernières années a amené des changements de paradigme et les processus d’optimisation de portefeuilles basés depuis 1952 sur le modèle de Markowitz ne les ont pas intégrés, constate Marielle de Jong. Ils ont provoqué des sous-allocations d’actifs. A chaque moment où le monde change, où les situations changent, il y a une remise en question de cette approche.” Car au final, les fonds encaissent d’importantes pertes. Du coup, des gérants dits passifs pensent à opter pour d’autres méthodes d’arbitrage. Par exemple chez Amundi, ils ont choisi de basculer dans un processus de parité entre tous les risques qui au final rapporte en moyenne autant que la modélisation classique, surtout quand tout vient à changer radicalement dans différents pays.

L’incertitude très élevée laisse toutefois de la place à quelques observations encourageantes. Ainsi Pictet AM estime “la stagnation des bénéfices des entreprises derrière nous. Les indicateurs avancés de l’activité mondiale accélèrent. L’ISM américain du mois de novembre surprend par sa force, affichant un confortable 53,2. En Chine, les PMI progressent. Le moral du secteur manufacturier européen est au plus haut depuis deux ans.” Un optimisme partagé par le Crédit agricole : “Brillante aux États-Unis, honorable en zone euro, la croissance repose sur le soutien d’un indéfectible consommateur qui continue de bénéficier (à des degrés évidemment divers) d’une amélioration du marché du travail, de gains de pouvoir d’achat et d’effets de richesse positifs.”

Les investisseurs ébranlés dans leurs certitudes raisonnables, sont ainsi gagnés par le doute. D’un côté, ils n’ont plus leurs repères pour être confiants sur le retour durable de la croissance et bloquent sur la manière dont la nouvelle politique économique et monétaire américaine impactera. D’un autre côté, les investisseurs attendent de voir si la zone euro aura la capacité de sortir d’une politique purement monétaire. En 2017, la BCE “devrait parvenir à calmer des marchés anxieux et volatils en espérant qu’en 2018, une fois les échéances politiques nationales passées, l’Europe existe autrement qu’au travers de sa seule politique monétaire”, déclare le Crédit Agricole. Bref, l’économie mondiale va mieux, mais les marchés ne sont pas prêts à signer un chèque en blanc.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article