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Sur les marchés / M&A

Turbulences boursières, la fenêtre de tir se referme pour les IPO et M&A

De nombreuses opérations financières de fusions-acquisitions ou d’introductions en Bourse pourraient bien être retardées voire annulées d’ici à la fin de l’année en raison du climat d’incertitudes des marchés boursiers.
Bull and bear - Bourse - marchés (hausse, baisse) - Francfort
Bull and bear - Bourse - marchés (hausse, baisse) - Francfort

L’onde de choc chinoise qui se propage désormais aux marchés internationaux, mêlée à d’autres données macroéconomiques inquiétantes, risquent d’avoir un impact sur les conditions de crédit dans les prochains mois à venir. En effet, par manque de financement ou du fait de valorisations insatisfaisantes sur les places boursières, de nombreuses introductions en bourse ou fusions-acquisitions pourraient être retardées. Ainsi, selon les analystes crédit de la Société Générale, le volume d’émissions pour le mois de septembre va difficilement atteindre les 100 milliards de dollars contre une moyenne de 143 milliards les trois dernières années.

Si certains emprunteurs avaient anticipé cette dégradation des conditions de financement, avec un record d’émissions de 145 milliards de dollars d’obligations investment grade en juillet, d’autres restent sur le banc de touche. Les exemples caractéristiques de cette paralysie des marchés se multiplient donc. L’action Alibaba est tombée pour la première fois hier sous son niveau d’entrée en Bourse. L’entreprise Raindance Technologies a annoncé pour sa part qu’elle ne souhaitait plus s’introduire en Bourse contrairement à ce qu’elle avait déclaré en février dernier pour des raisons de mauvaises conditions du marché. Même la plus importante opération financière de l’année pourrait être impactée. Le géant pétrolier Shell qui comptait acheter BG Group pour un montant de 74 milliards de dollars risque de se montrer plus prudent suite à la chute de 11% de ses actions en début de semaine.

Il faut avouer que les faibles probabilités de gains justifient cette frilosité dans les échanges et donnent raison à cette attitude attentiste de la part des investisseurs aussi bien que des compagnies. Selon des données avancées par Bloomberg, les cibles des acquisitions s’échangent en moyenne 15% en dessous du prix d’offre de départ. Concernant les IPO, les chiffres publiés par Dealogic, révèlent qu’en 2014 le retour sur investissement d’une introduction en Bourse permettait de gagner 20% du prix contre seulement 2% en moyenne pour l’instant en 2015.

Toutefois, un renversement de situation n’est pas inenvisageable. Certains se veulent rassurant, à l’instar de Jackie Kelly de Ernst & Young : « nous avons déjà traversé des périodes troubles et pourtant nous sommes revenus rapidement sur le droit chemin ». La rentrée, après un mois d’août traditionnellement endormi en termes de vente d’actions, peut être propice à un refinancement massif si tant est que les conditions macroéconomiques internationales ne poursuivent pas leur dégringolade. Après le Labord Day américain qui aura lieu cette année le 7 septembre, le marché obligataire pourrait se réveiller et rassurer les marchés car les opérations de fusions-acquisitions à financer d’ici à la fin de l’année ne manquent pas. Dans ce contexte, la réunion de la Réserve fédéral des 16 et 17 septembre va indéniablement jouer un rôle majeur.

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