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éditorial / Yves de Kerdrel

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Yves de Kerdrel

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Quand le "capitaine de pédalo" se fait chef de guerre
par Yves de Kerdrel

L'intervention des forces armées françaises - un peu isolées - en dépit des discours officiels, au Mali, a permis à François Hollande de prendre enfin une stature présidentielle. Mais à l'Elysée on est bien conscient que cela n'aura qu'un temps, surtout si cela a pour effets secondaires des actes terroristes, au Sahel, voire même en France, comme dans les années quatre-vingt.
20/01/2013 - 07:48 Temps Lecture 7 mn.
En dehors de Dominique de Villepin et dans une moindre mesure, de Valéry Giscard d'Estaing et d'Alain Juppé, l'intervention française au Mali pour sauver Bamako des islamistes a été saluée de manière unanime par la classe politique. Quant aux français ils sont 60 % à faire confiance à Fançois Hollande pour mener à bien cette opération. Avec un bémol toutefois : ils sont aussi 75 % à juger que la menace terroriste n'a jamais été aussi élevée (avec une proportion encore plus élevée parmi les sympathisants socialistes). Cette opération militaire n'a pas été improvisée, même si son exécution a été accélérée en raison des évènements maliens. Selon les informations obtenues par WanSquare dans l'entourage du Chef de l'Etat, lors de sa visite en Algérie au mois de décembre, il a négocié avec son homologue algérien une autorisation de survol de son pays. Le Maroc était également prêt à libérer son espace aérien. Mais il était essentiel pour le succès de l'opération qu'Alger laisse passer les avions français. Ce qui de fait plonge l'Algérie dans le concert des pays qui combattent l'islamisme. LA FRANCE RESTE ISOLEE Cela ne signifie pas qu'il y a un lien direct entre l'opération française au Mali et l'attaque terroriste avec prise d'otages sur une raffinerie de BP dans le sud de l'Algérie. Principalement parce qu'une telle opération, de cette envergure, a dû nécessiter plus que cinq jours de préparation. Mais cette attaque montre bien que le pouvoir Algérien ne contrôle absolument pas le sud de son pays qui est devenu un sanctuaire d'islamistes, sur-armés avec les équipements provenant des mercenaires payés par Kadhafi, il y a deux ans. Il reste que, quoiqu'en disent François Hollande ou Laurent Fabius, la France est très isolée dans cette opération. Les britanniques sont les plus coopératifs, mais se contentent de prêter des avions de transport ou des appareils humanitaires. Le pire, c'est le strict minimum assuré par l'Allmagne, qui a prêté, jusqu'à présent un avion dans le cadre d'un seul transport de matériel (et non de troupes). Un manque de coopération qui fait tâche alors que ce mardi, François Hollande et Angela Merkel vont célébrer le cinquantenaire du sommet de l'Elysée qui a réuni Adenauer et de Gaulle. Cette commémoration aura lieu à Berlin : tout un symbole sur le leadership de l'Allemagne dans l'Europe CE QUE DIRA CAMERON L'Europe, il en a été beaucoup question en cette fin de semaine à l'occasion du colloque franco-britannique où WanSquare était représenté. Si les règles de ce colloque annuel interdisent d'en rapporter les propos qui s'y tiennent en toute liberté, il est tout de même possible de dire à quel point l'hypothèse d'un "Brexit", c'est-à-dire d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne était sur toutes les lèvres. D'autant que David Cameron devrait bientôt faire le grand discours sur l'Europe qui était prévu ce vendredi et qui a été reporté. Selon les informations obtenues par WanSquare, son propos devrait commencer par ces mots : "Je ne souhaite pas qu'une sortie de l'Union Européenne se produise. Je veux le succès de l'Union européenne et je veux une relation qui maintienne la Grande-Bretagne à l'intérieure de l'Union européenne" Mais le Premier Ministre britannique poserait comme conditions le fait que l'Europe en finisse avec trois problèmes : la crise de la zone euro, la baisse de la compétitivité et le manque de soutien des citoyens. "Si nous ne répondons pas à ces défis, le danger est que l'Europe échoue et que le peuple britannique dérive vers la sortie", s'apprêterait à déclarer le locataire du 10 Downing Street. "Les gens éprouvent de plus en plus de frustration à l'idée qu'ils ont de moins en moins leur mot à dire sur les décisions prises, que leurs conditions de vie sont entamées par une austérité forcée et que leurs impôts sont employés à sauver des gouvernements à l'autre bout du continent", devrait-il ajouter. NOUVELLE FRONDE AU SENAT Du côté de la politique intérieure, François Hollande n'en a pas fini avec la mauvaise humeur de ses coalitions à géométrie variable. Les sénateurs communistes qui lui ont mené la vie dure en décembre semblent s'être calmés. Mais la relève est prise, concernant le projet de loi du ministre de l'intérieur Manuel Valls sur les élections locales, qui prévoit notamment un scrutin paritaire pour les cantonales par le groupe RDSE, constitué essentiellement de radicaux de gauche. Leur alliance avec la droite a entraîné vendredi soir le retoquage de ce texte. Ce rejet est un sérieux camouflet pour l'exécutif, surtout dans la mesure où le Sénat est la chambre des collectivités territoriales. Toujours au chapitre politique, la droite s'interroge sur le silence assourdissant de François Fillon, qui serait en vacances prolongées. Pendant ce temps-là NKM occupe le terrain au point que sa candidature pour la Mairie de Paris est une hypothèse qui prend corps de plus chaque jour. Et encore plus avec le sondage que le Journal du Dimanche publie aujourd'hui. Selon cette enquête Ifop-Fiducial, l'ancienne porte-parole de Nicolas Sarkozy est aujourd'hui aussi bien placée que François Fillon pour porter les couleurs de l'UMP à Paris. Très loin devant Rachida Dati. LE RETOUR DES CYGNES NOIRS Cette semaine, il va de nouveau être largement question de la guerre des chefs au Medef après l'interview forte que Frédéric Saint-Geours, le patron de l'UIMM, qui envisagerait bien de se présenter à la succession de Laurence Parisot, a donnée au Figaro samedi. Ce cri d'orfraie vient s'ajouter à celui de Pierre Gattaz, qui a été le premier à s'insurger contre une éventuelle modification des statuts. Sans compter tous ceux qui n'osent pas encore sortir du bois, mais qui n'en pensent pas moins. Il reste que bureau et le conseil exécutif de l'organisation patronale semblent, pour l'instant, assez partagés sur l'initiative de Laurence Parisot, mais surtout sur le moment choisi pour saisir la commission des statuts (quelques jours après l'accord sur la flexibilité). Au point de jeter sur cet accord une ombre définitive. Du côté des marchés il commence à se profiler une inquiétude liée à la remontée de l'euro. Si bien que c'est la zone qui affiche la plus faible croissance au monde et le plus fort taux de chômage qui affiche la monnaie la plus forte. De cela il ne sera guère question à l'Ecofin de cette semaine qui va s'atteler à essayer de sauver Chypre. Mais ces petits cygnes noirs devraient ramener les investisseurs à la réalité. Y compris aux Etats-Unis où Wall Street est à son meilleur niveau depuis cinq ans.Tout dépendra aussi des résultats publiés par les grands groupes américains en matière de high tech. Cette semaine Google, Microsoft, IBM et ATT devraient publier leurs comptes annuels qui seront évidemment regardés à la loupe.
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