WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

éditorial / Yves de Kerdrel

éditorial
Yves de Kerdrel

éditorial
Rentrée sous tension budgétaire à droite comme à gauche
par Yves de Kerdrel

Le débat sur l'adoption de la règle d'or va animer la rentrée politique et créer de nouveaux clivages. La rentrée économique va, elle, être dominée par les restrictions budgétaires qui devraient être annoncées mercredi. Et par des rebondissements dans le plan de sauvetage de la Grèce.
21/08/2011 - 08:37 Temps Lecture 6 mn.
Le Premier Ministre rentre ce soir de vacances, afin d'être à pied d'oeuvre dés lundi pour superviser les derniers réglages du Projet de Loi de Finances et déminer avec les organisations syndicales un certain nombre de sujets sensibles. De son coté, Nicolas Sarkozy a prévu de remonter du Cap Nègre, mardi soir, afin de présider le Conseil des Ministres mercredi matin. Mais le point d'orgue de la semaine sera la réunion de mercredi après-midi, à laquelle assisteront notamment François Baroin et Valérie Pécresse, autour du Premier Ministre. Réunion destinée à opérer les arbitrages douloureux de manière à trouver 10 milliards d'euros d'économies dans le budget 2012. Un montant trois fois supérieur à ce qui était initialement prévu afin d'envoyer un signal aux marchés, afin de montrer que l'élection présidentielle se fera sur le terrain de la rigueur et afin d'anticiper une baisse des recettes fiscales liée à une croissance économique moins élevée que prévu. PLAFONNEMENT DES NICHES ? Parmi ces mesures, que les deux ministres de Bercy - surnommés Barbie et Ken par leur collègues du gouvernement - ont étudiées ensemble, lundi dernier, lors d'un déjeuner de travail dans le refuge creusois de François Baroin, il y a bien sûr un nouveau coup de rabot sur les niches fiscales, avec à la clé un plafonnement complet de leur usage. Il y aurait de moindres dépenses d'équipement, et toujours une limitation des crédits de fonctionnement liés au gel de l'indice salarial des fonctionnaires et au non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. D'autres pistes ont été envisagées comme la taxation de certains contrats d'assurance-vie, la hausse de la CSG pour les retraités, ou la fiscalisation de certaines plus-values immobilières. Mais elles seraient sur le point d'être abandonnées au grand désespoir des experts du Service de la Législation Fiscale qui essaient de les faire adopter depuis un an. La seule mesure à portée symbolique qui devrait être entérinée serait la contribution exceptionnelle demandée aux 30.000 français qui perçoivent un revenu total de plus de un million d'euros. Une mesure applaudie par Maurice Lévy, qui préside Publicis et surtout la très conservatrice AFEP, mais aussi par Pierre Bergé, Geoffroy Roux de Bézieux et même Michel Pébereau. Il reste que si le barême de 1 % est retenu pour cette contribution, son rendement ne dépasserait pas 400 ou 500 millions d'euros. A condition que tous les contribuables concernés restent en France...! MATIGNON VERSUS L'ELYSEE Une fois passée cette rentrée budgétaire, François Fillon devrait s'atteler à convaincre l'ensemble des partis politiques d'adopter la règle d'or, comme le Président de la République le lui a demandé. Dans une tribune publiée hier par Le Figaro, il a posé les premiers jalons de ce combat en le plaçant sur le terrain de la responsabilité. Dans l'entourage du Premier Ministre, on estime que la partie n'est pas perdue d'avance, car certains à gauche pourraient avoir intérêt à se démarquer de l'attitude grégaire des socialistes sur ce sujet. François Hollande, Manuel Valls ou Jérome Cahuzac ont fait quelques pas dans cette direction. Mais personne n'a intérêt, au sein du parti socialiste, à aller à Canossa avant la fin des primaires. Or le dilemme que va devoir affronter le locataire de Matignon, c'est que le seul qui pourrait faire basculer le congrès en faveur de la règle d'or, serait François Hollande s'il était désigné par son camp. Or à l'Elysée on espère bien que c'est Martine Aubry qui sera choisie, car on estime qu'elle serait plus facile à battre en mai prochain que le député de Corréze. François Fillon et Nicolas Sarkozy ont donc, sur ce sujet, des intérêts très divergents, qu'ils ont essayé de passer sous silence lors de leur déjeuner de mardi dernier. LE PLAN GREC EN DANGER Comme cela était malheureusement prévisible, le sommet Sarkozy Merkel du 16 août n'a pas du tout convaincu les marchés. Comme l'a montré WanSquare, tout au long de la semaine passée, à travers la revue de presse allemande quotidienne, l'opinion publique est évidemment sceptique sur les mesures annoncées en matière de gouvernance de la zone euro. Mais surtout le climat commence à se tendre au sein de l'élite économique contre la France, comme l'a montrée une déclaration très sévère de Jürgen Starke, l'économiste en chef de la BCE, à l'égard de François Baroin. Surtout, sur le front de la crise des dettes souveraines, un mois après le sommet de Bruxelles, rien n'est réglé. Un grand nombre des 17 pays de la zone euro ne sont pas encore prêts à faire ratifier les nouvelles prérogatives du fonds Européen de solidarité Financière. Mais la dernière des difficultés tient au fait que désormais, quatre pays réclament un "collatéral" à la Grèce pour garantir leurs prêts. Il s'agit de la Finlande, de l'Autriche, des Pays-Bas et de la Slovaquie qui contribuent à hauteur de 11 % au second plan de sauvetage (109 milliards d'euros) accordé cet été à Athènes. Un représentant du gouvernement grec a averti que la mise en place de telles conditions reviendrait à "annuler les effets" du plan d'aide. Autant dire qu'il y a encore loin de la coupe aux lèvres dans la mise en oeuvre de ce qui a été décidé le 21 juillet dernier. EN ATTENDANT JACKSON HOLE C'est là une des raisons pour lesquelles la fébrilité observée sur les marchés la semaine dernière, dans des volumes de transactions cependant fortement réduits, devrait perdurer, voire s'accentuer. Avec toujours comme victimes expiatoires les valeurs financières. L'enquête de l'Autorité des Marchés Financiers sur les rumeurs qui ont gravement affecté le titre Société Générale aurait déjà bien progressé. Selon les informations de WanSquare, le gendarme de la bourse aurait relevé pas moins de sept à huit rumeurs malveillantes construites et diffusées autour du titre de la Banque présidée par Frédéric Oudéa. Certaines venant de Londres, et d'autres de New-York. Ce qui pourrait amener l'AMF à avoir recours à la coopération de ses homologues anglo-saxonnes. Mais le principal évènement économique de la semaine à venir sera le très attendu discours que fera Ben Bernanke, le patron de la Réserve Fédérale américaine, lors de la conférence annuelle des banquiers centraux à Jackson Hole, dans le Wyoming. Aux Etats-Unis, plusieurs analystes évoquent l'hypothèse de l'annonce d'un nouveau programme de "quantitative easing" - déjà surnommé QE3 - qui entrainerait un rebond du marché américain, et qui servirait d'appui au plan de relance que Barack Obama doit annoncer en septembre. Mais compte tenu de l'échec de QE2, il n'est pas certain qu'une telle solution soit retenue. Au grand désespoir des investisseurs.
précédents ÉDITORIAUX
précédents
ÉDITORIAUX

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / La droite et la gauche prises en otage par la crise et la rigueur

14/08/2011 - 08:10

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / la chute des marchés fragilise la droite et complique la vie à gauche

07/08/2011 - 08:14