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Yves de Kerdrel
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Hollande aborde l'année 2014 totalement décrédibilisé
par Yves de Kerdrel
L'échec du pari de l'inversion de la courbe du chômage a enlevé toute crédibilité à la parole présidentielle. Le fait de vouloir faire croire que le pari était réussi a porté un coup fatal au discours du chef de l'État, à l'orée d'une année 2014 difficile.
29/12/2013 - 08:02
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Comme chacun s'y attendait, les chiffres du chômage du mois de novembre, publiés jeudi 26 décembre, ont été mauvais (hausse de 17 800 demandeurs d'emploi de catégorie A). Ces chiffres sont venus contredire l'objectif d'inversion de la courbe du chômage affiché depuis plusieurs mois par le gouvernement. Que François Hollande ait raté son pari, c'est un fait qui entache largement la crédibilité de la parole présidentielle. Qu'il ait cherché à nier avoir raté son pari est plus grave, car les français ont eu le sentiment qu'on a cherché à leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Mais le pire, c'est que ce pari ne se réalisera pas davantage en 2014, comme l'Insee l'a laissé entendre. Ce qui pourrait aggraver la situation politique.
Notant une nouvelle dégradation des chiffres du chômage, le Medef a demandé, dans un communiqué, de remettre en tête des priorités du gouvernement la baisse des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques. Selon l'organisation patronale, la situation actuelle doit également " nous amener à regarder avec lucidité la situation de l'assurance chômage. L'état des finances publiques et de l'emploi ne permettent pas de refuser la réforme indispensable. " Selon les informations de WanSquare, l'organisation dirigée par Pierre Gattaz pourrait décréter le 13 janvier une nouvelle grande mobilisation nationale pour l'emploi
EN QUETE DE JUTEUX CONTRATS
En attendant François Hollande profite de cette trêve des confiseurs pour se rendre en Arabie Saoudite. Il est attendu à Riyad aujourd'hui et demain pour la deuxième visite depuis le début de son quinquennat. Là-bas, le président français est considéré comme le plus sûr allié occidental du royaume, champion de la cause sunnite face à l'axe chiite formé par l'Iran khomeyniste, la Syrie de Bachar Al-Assad et le Hezbollah libanais. La volonté de voir tomber le régime de Bachar Al-Assad n'est pas le seul ciment de l'actuelle lune de miel franco-saoudienne.
Elle repose sur une égale méfiance envers le programme nucléaire iranien et les ambitions de suprématie régionale affichées par Téhéran. La sortie de Laurent Fabius, au moment de signer un accord intérimaire avec l'Iran sur le nucléaire, début novembre à Genève, a ravi les dirigeants saoudiens : face à la supposée faiblesse de John Kerry, le chef de la diplomatie française avait exigé, entre autres, que l'accord prenne en compte la centrale en construction d'Arak, destinée à produire du plutonium. Paris y a gagné l'estime saoudienne et, espère-t-on à l'Élysée, quelques juteux contrats d'armement et d'équipement en remerciement de ses positions. Pour l'instant, seul un contrat de rénovation de frégates a été signé par la France.
NKM FACE AUX EMBUCHES
Du côté de l'opposition, il est toujours largement question de la bataille de Paris, où Nathalie Kosciusko-Morizet doit gérer à la fois des dissidences internes à l'UMP, mais aussi des tiraillements entre centristes. Dans le cadre de l'union entre l'UMP et les centristes pour les municipales, Jean-Louis Borloo a obtenu de NKM que l'UDI ait une seconde tête de liste à Paris. Ce changement devrait se faire au détriment du Modem, qui est désormais dépourvu de chefs de file d'arrondissement. Les discussions, qui ont repris la semaine passée, devraient bénéficier à au moins une candidate UDI déçue : Édith Gallois, qui siège actuellement au conseil de Paris, devrait remplacer la Modem Fadila Mehal comme tête de liste dans le 13e arrondissement.
Quant à Nicolas Sarkozy, il est incontestablement, celui par lequel tout passe désormais à droite. L'ancien chef de l'état a bien l'intention de redescendre dans l'arène - il ne s'en cache plus en privé - avec l'espoir de prendre sa revanche face à François Hollande à la présidentielle de 2017. Quant au calendrier, il envisage de rompre son silence à partir de l'été 2014, à l'issue des élections européennes, avant de replonger vraiment dans la politique. Le reste relève pour l'essentiel d'une stratégie de communication bien huilée. Cette détermination serait liée au fait qu'à droite, aucun responsable n'a imposé son leadership depuis un an et demi. Par ailleurs, dans les sondages, l'ancien chef de l'État reste de loin le candidat préféré des sympathisants de droite pour 2017. Le succès de sa souscription cet été après l'invalidation de ses comptes de campagne a d'ailleurs montré que la marque Sarkozy fait toujours un tabac à droite. Enfin, même si son nom reste cité dans plusieurs affaires, son horizon judiciaire s'est éclairci avec le non-lieu prononcé dans l'affaire Bettencourt, début octobre.
QUELLE LIGNE POUR SARKOZY ?
La plus grande inconnue reste la ligne politique. A droite toute, comme en 2012 ? Plus équilibrée, comme en 2007 ? Certains pensent déceler les signes d'une volonté de recentrage depuis que Nicolas Sarkozy a vanté les mérites de l'ouverture, lors de son discours en hommage à Jacques Chaban-Delmas. Cela a inquiété l'aile droite de l'UMP. Personne ne sait quelle sera son orientation idéologique. Seul point de consensus parmi ses visiteurs : il souhaite incarner une nouvelle ligne, ni au centre ni à droite, pour rassembler un maximum de Français. Une sorte de synthèse entre les campagnes de 2012 et de 2007.
CALME TROMPEUR DES MARCHES
En Bourse, Twitter vaut désormais presque autant que Yahoo!, le portail Internet fondé en 1994, qui a certes perdu de son éclat mais reste une des premières destinations des internautes sur le Web. Or, non seulement les comptes de Twitter ne sont pas à l'équilibre mais ses pertes se creusent trimestre après trimestre (69 millions de dollars entre janvier et juin, contre 79 millions sur l'ensemble de 2012). De fait, pour accompagner sa croissance exponentielle et résister à l'intense compétition que lui mènent Google et Facebook, Twitter investit beaucoup en recherche et développement et en marketing. Et le groupe embauche. Au troisième trimestre, ses effectifs ont augmenté de 15 %, pour atteindre 2 300 employés. Les premiers profits ne sont pas anticipés avant 2016.
Malgré un vif recul de l'action Twitter au cours de la séance de vendredi, la capitalisation boursière de l'entreprise, fondée en 2006, atteint tout de même plus de 36 milliards de dollars, soit plus de 60 fois le chiffre d'affaires anticipé par les analystes pour 2013. Cela en fait tout simplement la société Internet la plus chère sur les marchés américains. Alors qu'elle n'a toujours pas dégagé un seul bénéfice. A titre de comparaison, la capitalisation boursière de Facebook, premier réseau social au monde avec 1,2 milliard de membres, ne représente que 13,5 fois des revenus escomptés pour 2014. Alors que le groupe est particulièrement rentable : au troisième trimestre 2013, il a dégagé un profit de 621 millions de dollars, pour un peu plus de 2 milliards de chiffre d'affaires.
Du côté des marchés cette fin d'année est calme avec des indices bien souvent au plus haut. C'est dans cette configuration que Jens Weidmann, président de la banque centrale allemande Bundesbank, a mis en garde contre le calme trompeur qui règne sur les marchés financiers et prévenu que la crise pourrait repartir de plus belle en 2014. "Certes en ce moment les marchés financiers se sont apaisés", a dit Jens Weidmann au quotidien Bild, "mais chacun doit être conscient de sa responsabilité", a poursuivi le banquier central, appelant, comme il le fait régulièrement, les pays européens à ne pas mollir dans leurs efforts de réformes. L'appel vaut aussi pour l'Allemagne, a-t-il précisé, qui doit "continuer à s'équiper pour l'avenir". Interrogé sur le niveau extrêmement bas des taux d'intérêt en zone euro, Jens Weidmann a estimé qu'il faudrait "faire attention à les relever à temps" et rappelé les "risques et effets secondaires" de taux bas.
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