Macro-économie / Taux / Macro-économie
Macro-économie / Taux
Macro-économie
"La crise de l'euro est de retour"
La crise politique en Italie est l'objet de tous les regards outre-Rhin. Les médias allemands y consacrent de nombreux articles, le Spiegel expliquant ainsi « pourquoi la prochaine crise de l'euro menace en Italie ». « La crise de l'euro est de retour. Après l'échec de la constitution d'un gouvernement en Italie, les marchés financiers sont plus turbulents que jamais. Que se cache-t-il derrière les nouvelles peurs des investisseurs ? », s'interroge le site de l'hebdomadaire.
L'économiste allemand Hans-Werner Sinn, président de l'institut IFO, estime quant à lui que sortie de l'Italie de l'Union monétaire est « probable », rapporte notamment la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Selon le quotidien « il ne voit l'Italie qu'à quelques pas de quitter l'euro ». Il s'inquiète notamment de la volonté des partis majoritaires de mettre en place une quasi monnaie italienne parallèle, avec la création de bons du Trésor pour régler la dette de l'Etat.
Cependant, la Sueddeutsche Zeitung tempère les risques de propagation d'une crise aux autres pays de l'UE, constatant que le spread entre les taux italien et allemand s'envolent : les titres allemands restent une valeur refuge sur les marchés financiers. L'Espagne et le Portugal, en revanche, connaissent des remous. Mais le quotidien note également : « Bienvenue : la France est désormais dans le club des pays sûrs de l'euro ». Il explique cela par le fait que « les marchés financiers aiment Macron – de manière compréhensible car il était lui-même un banquier d'investissement ».
Autre inquiétude en Allemagne : l'impossibilité des pays de l'OCDE à se mettre d'accord sur une issue aux tensions liées à la possible entrée en vigueur des taxes américaines sur l'acier et l'aluminium. Le Handelsblatt promet des « semaines décisives ». « L'Europe se prépare à une crise commerciale avec les Etats-Unis ». « L'Europe veut rester ferme dans le conflit douanier avec les Etats-Unis. Le ministre de l'économie Altmaier continue cependant à se battre pour trouver une solution », résume le site du quotidien.
La menace d'un tel conflit a des répercussions sur les projections économiques en Allemagne. L'OCDE a fait chuter ses prévisions de croissance pour le pays, relate, par exemple le Spiegel. « Que va-t-il se passer avec les exportations allemandes ? Le suspense autour de la menace de Donald Trump d'imposer des droits d'importation sur l'acier et les voitures pèse sur les prévisions économiques de l'Allemagne ». L'organisation internationale compte davantage sur une croissance du PIB à 2,1% en 2018, alors qu'en mars, elle misait sur 2,4%. « L'augmentation du protectionnisme sur le commerce et les investissements pourrait affecter le commerce international et perturber les chaînes de valeurs mondiales, qui sont décisives pour la réussite des exportations allemandes », explique l'OCDE. « Cela pourrait avoir un effet négatif sur la croissance économique et l'emploi ». La Chambre de commerce et d'industrie allemande (DIHK) s'inquiète de la même manière, prévoyant une croissance à 2,2%, au lieu des 2,7% pronostiqués précédemment, rapporte toujours le Spiegel.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

