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Jonathan Hill cède, lui aussi, aux sirènes financières

L'ancien commissaire européen aux services financiers rejoint UBS. Tony Blair, David Cameron, José Manuel Barroso ou encore Gordon Brown l'ont précédé dans ce changement de carrière du public vers le privé.
Jonathan Hill
Jonathan Hill

Après "l'affaire Barroso", ce type de transferts n'étonne plus. L'ex-commissaire européen aux services financiers, Jonathan Hill, rejoint UBS afin de conseiller les clients sur les sujets politiques, et notamment le Brexit. La nouvelle n'a pas fait couler autant d'encre que l'arrivée en 2016 de l'ancien patron de Bruxelles José Manuel Barroso chez Goldman Sachs. La combinaison banque américaine et finance avait alors été un cocktail explosif aux yeux du public pour celui qui avait été à la tête de la commission pendant la dernière crise financière.

Aujourd'hui, c'est le Britannique Jonathan Hill qui saute le pas. Ce conservateur diplômé de Cambridge, ancien président de la Chambre des Lords et ex-lobbyiste, avait déjà bien amorcé son changement de carrière. En 2017, il avait obtenu l'aval de la Commission pour deux activités professionnelles. La première était un poste de conseiller au sein du cabinet d’avocats londonien Freshfields, activité qui relevait de son ancien portefeuille. Il avait néanmoins pour obligation de respecter trois conditions, pendant au moins 18 mois (soit pendant le délai de viduité), comme celle de s'abstenir de dispenser des conseils aux clients des services financiers de Freshfields. Risque de conflits d'intérêts oblige. Jonathan Hill souhaitait également devenir l’un des directeurs nationaux indépendants de The Times Newspapers, titre qui n’était pas en lien avec les fonctions qu’il a pu exercer au niveau européen. En 2017, il a également co-fondé Prosperity UK, forum mis en place pour tirer le meilleur parti du Brexit.

A l'instar de José Manuel Barroso, le Britannique n'a pas fait le choix d'une banque européenne pour la prochaine ligne de son CV. Pourtant, on se souvient que Jonathan Hill avait quitté son poste bruxellois à la suite du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE, se disant "très déçu" du choix de ses concitoyens. L'ex-commissaire était arrivé en 2014, dans le cadre de la constitution de la nouvelle Commission européenne. Il avait lancé le grand chantier de l’union des marchés de capitaux. Désormais, au sein du groupe suisse il "offrir(a) des conseils enrichis sur le Brexit et l'environnement politique et économique au sens large" aux clients de la banque d'investissement, selon un mémo interne. Il est précisé que "son expérience à la fois à Bruxelles et au Royaume-Uni montre qu'il est capable de parler avec les autorités des défis et des opportunités pour le business liés aux récents développements politiques et économiques en Europe". 

Jonathan Hill n'a pas été le seul politique à vouloir rejoindre un cabinet d'avocats - on pense à Anthony Parry, ancien conseil du Trésor britannique arrivé chez Freshfields, tandis que DLA Piper a recruté Paul Hardy, ex-conseil de la Chambre des Lords. Côté secteur financier, George Osborne apporte son expérience à BlackRock. L'ancien chancelier de l'Echiquier a même déclaré en 2017 un salaire de 650.000 livres par an pour quatre jours consacrés par mois au fonds américain. Par ailleurs, l'ancien Premier ministre Gordon Brown est membre du global advisory board du gérant obligataire US Pimco. William Hague, ancien ministre des Affaires étrangères, oeuvre quant à lui en tant que conseiller pour la banque américaine Citigroup. L'appel des sirènes financières se couple - souvent - à un choix de firme d'origine non-européenne pour ceux qui ont jusque-là dédié au moins une grande partie de leur carrière au public. Outre l'aspect financier, ces choix en disent-il long sur leur vision de l'UE ? 

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