WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Etat-major d’Euronext : Stéphane Boujnah joue la carte du fédéralisme

Depuis son arrivée en novembre 2015, le patron de la plateforme boursière s'est entouré de nouveaux talents. Il prône la collégialité, l'entrepreneuriat ou encore la rigueur pour que sa "grosse PME" reste dans la course.
Etat major Euronext en octobre 2016
Etat major Euronext en octobre 2016

Stéphane Boujnah vient de recevoir le Prix des 100 jours organisé par EIM, KPMG et Challenges pour la catégorie Grands Groupes – ETI. Depuis son arrivée en novembre 2015, l’homme fort de la plateforme boursière paneuropéenne n'a en effet pas chômé. Il a notamment remplacé peu à peu les personnes parties « naturellement » après le départ de son prédécesseur neuf mois auparavant.

L’état-major a ainsi été remanié avec l’arrivée d’un nouveau directeur financier, Giorgio Modica. A également franchi les portes de la plateforme : un nouveau DRH, un directeur de l’innovation ou encore un nouveau directeur M&A pour mettre en œuvre le plan stratégique « Agility for growth ». Dorénavant, l’équipe de direction comprend six nationalités pour refléter le caractère fédéral et multiculturel d’Euronext. Outre les jeunes talents, on retrouve également des plus anciens, tels qu’Anthony Attia, directeur général d’Euronext Paris, directeur du listing‎ ou encore Catherine Langlais, secrétaire générale et directrice juridique.

« Avant mon arrivée, la société était dirigée par un top 4 assez isolé. J'ai souhaité aligner de manière très rigoureuse les pratiques quotidiennes de gestion avec le modèle fédéral d’Euronext en introduisant beaucoup plus de collégialité. On ne peut pas développer un modèle fédéral comme Euronext si tous les pays ne se sentent pas à l’aise dans la direction de l'entreprise. Quand nous sommes unis dans la diversité, nous réussissons », explique Stéphane Boujnah.

D’où la présence de citoyens non-Français, tels que Jos Dijsselhof, directeur des opérations, qui a effectué une carrière internationale dans le secteur bancaire. Il y a également Maurice van Tilburg, directeur général d’Euronext Amsterdam, spécialiste des infrastructures de marché ; Lee Hodgkinson, directeur des marchés et des ventes pour le groupe et directeur général d'Euronext Londres, ou encore le Belge de l’aventure, Vincent Van Dessel, directeur général d’Euronext Bruxelles.

L’état-major communique beaucoup. L’homme fort du groupe a tenu à mettre en place des conférences téléphoniques hebdomadaires et des rencontres physiques mensuelles afin de faire interagir ses équipes. Stéphane Boujnah, qui a été conseillé par des cabinets, a aussi pu compter sur le bouche à oreille, qui permet de prendre « moins de risque de personnalité, de motivation et d'intégration, même s'il faut alors mutualiser beaucoup plus la validation des compétences », pour trouver les bonnes personnes.

Le renouvellement a été l’occasion d’exprimer la vision que le directeur général et président du directoire souhaitait insuffler à son entreprise. Par exemple, « il fallait utiliser le renouvellement de l'équipe pour affirmer les objectifs d’Euronext sur nos marchés locaux. (…) Nous avons ainsi changé le patron du Portugal (Maria João Borges Carioca, NDLR); c'est désormais une femme remarquable qui pilote nos activités dans ce pays qui est en train de devenir le deuxième espace d’Euronext en termes d'effectifs », précise Stéphane Boujnah.

En outre, Amaury Houdart, directeur des ressources humaines, ou plutôt « chief talent officer », a rejoint l’équipe. Pour Stéphane Boujnah, « dans une infrastructure de marché, il faut innover, et il faut donc avoir la meilleure technologie et les meilleurs talents ». Il a d’ailleurs également créé un poste clef, qui lui ne fait pas partie de l’état-major, de directeur de l’innovation, afin que tous les organes vitaux pour une Bourse répondent à l’appel.

« Nous sommes en réalité une grosse PME avec un niveau unique de complexité en termes de gouvernance, régulation, concurrence, base d'investisseurs technologie, diversité culturelle. Il nous faut donc plus de gens qui font, qui vendent et qui fabriquent que de gens qui supervisent, coordonnent, contrôlent et mesurent le travail des autres », rappelle Stéphane Boujnah. Et d’ajouter : « Aujourd’hui, nous sommes numéro trois du marché européen, mais demain, après la possible fusion entre le London Stock Exchange et Deutsche Börse, nous pourrions devenir le deuxième acteur, dix fois plus petit que le nouveau numéro un. Il nous faut donc être plus agiles et plus innovants que les autres pour continuer à être plus performants et plus profitables qu'eux. Nous ne sommes pas grands, mais nous sommes vaillants ».

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article